Guerre Israël-Hamas : à Gaza, des hôpitaux asphyxiés tentent de soigner des milliers de blessés sous les bombes

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Des Palestiniens blessés lors d’une frappe israélienne, à l’hôpital Al-Shifa, à Gaza, le 15 octobre 2023.

Vendredi 13 octobre au soir, le directeur de l’hôpital Al-Awda, à Tal Al-Zaatar, dans le nord de la bande de Gaza, a reçu un appel de l’armée israélienne lui donnant deux heures pour évacuer son personnel et les patients de son établissement. « J’ai refusé, affirme le docteur Mohana Ahmed, joint par téléphone – l’enclave palestinienne est coupée du monde depuis le 7 octobre. On est toujours là, on travaille, on soigne nos patients, on ne bougera pas. »

Tous les hôpitaux de cette zone sont menacés : vendredi, les Israéliens ont ordonné l’évacuation des quelque 1,1 million d’habitants du nord de la bande de Gaza, dont la ville de Gaza, densément peuplée, vers le centre et le sud de l’enclave.

« Nous sommes dans une zone où il y a d’intenses bombardements et l’hôpital a subi des dommages à plusieurs endroits, heureusement pas trop importants », explique le docteur Ahmed. Sa propre famille est partie, éparpillée un peu plus au Sud, et il a à peine le temps de prendre de leurs nouvelles. « En huit jours, j’ai dormi dix heures, peut-être douze. Je cours d’un patient à l’autre, sous le stress et les bombes », soupire-t-il.

Depuis une semaine, son hôpital a reçu plus de 500 patients que les médecins ont soignés avec les moyens du bord : le personnel et les médicaments, même de simples antidouleurs ou des aiguilles jetables, manquent. Le système de santé gazaoui, rendu dysfonctionnel par plus de seize années de blocus israélien, est aujourd’hui effondré. Il n’y aura bientôt plus d’électricité car rien ne rentre dans la bande de Gaza depuis le 8 octobre, pas même le carburant nécessaire pour faire marcher les générateurs.

« Une catastrophe humanitaire sans précédent se déroule sous nos yeux, a résumé Philippe Lazzarini, le commissaire général de l’UNRWA, l’agence onusienne chargée des réfugiés, débordée face au nombre de déplacés dont elle n’arrive plus à organiser l’accueil. Gaza est en train d’être étranglée et il semble que le monde a présentement perdu son humanité. »

« Faire rentrer massivement de l’aide humanitaire »

Jusqu’à présent, les convois humanitaires qui ont essayé de rentrer via Rafah, le point de passage depuis l’Egypte, sous le feu des bombes israéliennes, ont dû faire demi-tour. Un accord semblait trouvé afin de garantir son ouverture lundi matin, pour acheminer de l’aide et évacuer des étrangers coincés dans l’enclave. Selon le journal israélien Haaretz, cette aide comprendrait surtout de l’eau et des médicaments mais pas de carburant, pourtant essentiel pour faire fonctionner les générateurs des hôpitaux. « Il faut faire rentrer massivement de l’aide humanitaire, des kits d’hygiène, des abris… », explique Guillemette Thomas, coordinatrice médicale de Médecins sans frontières France, qui a des équipes dans deux hôpitaux sur place.

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