Super Ligue : l’ouverture d’une nouvelle ère pour le football européen ou une décision qui « ne change rien » ?

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Bernd Reichart, le PDG d’A22, lors de la présentation de la Super Ligue, le 21 décembre 2023 à Madrid.

C’est à la veille du solstice d’hiver, jour le plus court de l’année, que la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a rendu son arrêt – très attendu – sur le litige opposant la Super Ligue à l’Union des associations européennes (UEFA) et la Fédération internationale (FIFA) de football.

La CJUE a estimé, jeudi 21 décembre, que l’UEFA et la FIFA ont exercé, en 2021, un monopole contraire au droit européen sur la liberté de concurrence en s’opposant à la création d’une compétition rivale à la Ligue des champions et en menaçant les clubs et les joueurs qui y participeraient d’exclusion des compétitions internationales.

En ce sens, la Cour a donné ainsi raison aux promoteurs de la Super Ligue. Pour autant, la « longue nuit » du football ne devrait pas tomber de manière imminente : l’arrivée d’une compétition sécessionniste européenne demeure encore hypothétique.

La Super Ligue avait jailli un dimanche soir d’avril 2021, à minuit. Dans un communiqué, douze clubs parmi les plus grands du continent – menés par le Real Madrid, le FC Barcelone et la Juventus Turin – annonçaient la création d’une ligue quasi fermée visant à « sauver le football », et, surtout, à maximiser ses revenus. Face à la levée de boucliers des supporteurs, des institutions et des politiques, le projet avait capoté en moins de quarante-huit heures.

Les menaces de sanctions brandies par les ligues nationales et les fédérations avaient aussi eu raison des velléités de la plupart des formations rebelles, qui étaient vite rentrées dans le rang. Mais le serpent de mer d’une ligue privée qui viendrait supplanter la Ligue des champions – et qui circule depuis déjà plus de vingt ans – a continué d’exister. Sur le plan juridique notamment.

Un projet de compétition à 64 clubs

A la suite de l’arrêt de la CJUE, la société A22 Sports Management, promotrice de la ligue semi-privée, a annoncé en grande pompe le lancement à venir d’« une nouvelle compétition européenne ouverte », avec « 64 clubs répartis en trois ligues » – et 32 clubs répartis en deux ligues pour sa version féminine.

Se félicitant d’une décision ayant mis « fin au monopole de l’UEFA », l’Allemand Bernd Reichard, son PDG, a présenté une nouvelle mouture fort éloignée de la première Super Ligue. Celle-ci ne comporterait « aucun membre permanent » et disposerait d’un système de promotion-relégation – du moins, dans une certaine mesure.

Celui qui incarne, depuis octobre 2022, le visage d’une compétition qui fut par le passé critiquée pour son opacité n’a rien dévoilé du calendrier. Et il a refusé d’évoquer les clubs potentiellement intéressés par l’aventure – ses détracteurs opposant qu’il n’y en a guère, à l’exception du Real Madrid et du FC Barcelone, ultimes « survivants » du projet originel.

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