Championnats du monde d’athlétisme 2023 : dans les pas de Stéphane Diagana, Wilfried Happio veut prendre date pour Paris 2024

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Le Français Wilfried Happio participe à la finale du 400 m haies masculin lors des championnats de France d’athlétisme 2023 au stade municipal d’Albi, le 29 juillet 2023.

Oubliez les fastes du 100 m, aux Mondiaux d’athlétisme de Budapest (jusqu’au 27 août), en Hongrie, le 400 m haies est roi. Non pas que la discipline – réputée particulièrement éprouvante – soit en vogue sur les rives du Danube, mais elle promet une bataille au firmament entre les trois meilleurs performeurs de tous les temps : le Norvégien Karsten Warholm, recordman du monde et champion olympique à Tokyo 2021, le Brésilien Alison dos Santos, champion du monde en titre, et l’Américain Rai Benjamin, éternel dauphin des susnommés. Trois styles et trois palmarès écrasants.

« Et au milieu de tout ça, j’essaie de faire ma place, glisse Wilfried Happio au Monde dans un éclat de rire. Je suis clairement tombé dans une génération de zinzins. » Le Français de 24 ans n’a pourtant plus grand-chose à envier aux cadors de son sport depuis qu’il s’est emparé de la quatrième place des Mondiaux d’Eugene (Etats-Unis), en 2022. Le jeune « rookie » avait créé la surprise en bouclant son tour de piste en 47 secondes 41, n’échouant qu’à deux petits centièmes du podium.

« Sur le moment, j’étais extrêmement frustré. Ça m’a valu quelques nuits à ressasser la course. Mais avec le recul, je ne peux pas être déçu. Je ne pensais pas pouvoir courir aussi vite ! » Depuis, le tricolore a confirmé son éclosion au plus haut niveau. Vice-champion d’Europe cet hiver et solidement implanté dans le top 5 mondial, il a l’occasion de tenir sa revanche lors de ces championnats du monde, dont les demi-finales du 400 m haies se disputent lundi 21 août à 19 h 35 ; la finale étant programmée le 23 août à 21 h 50.

A un an des Jeux olympiques (JO), Wilfried Happio pourrait incarner la relève que l’athlétisme français, victime d’un trou générationnel et en panne de médailles, se languissait de voir émerger.

« Un bosseur parfois un peu borné »

L’histoire l’inscrit déjà comme l’héritier de l’une des plus grandes figures de ce sport dans l’Hexagone : Stéphane Diagana, sacré champion du monde du 400 m haies, à Athènes en 1997. Dans l’Oregon, le Francilien a tutoyé le record de France – longtemps record d’Europe – établi par son illustre aîné il y a vingt-huit ans (47 secondes 37).

« D’un point de vue personnel et symbolique, battre le record de France aurait beaucoup de sens pour moi, c’est un modèle de réussite », résume l’intéressé, qui n’a jamais semblé aussi proche d’inscrire son nom sur les tablettes.

« Il a le talent et, maintenant, la solidité physique, la maîtrise technique et émotionnelle, pour battre ce record lors d’un grand rendez-vous, estimait d’ailleurs Stéphane Diagana, début août. Je crois même qu’il fera coup double : la médaille et le record. » Un point de vue partagé par l’entraîneur de Wilfried Happio, Olivier Vallaeys : « Tous ses indicateurs de performance sont au vert. Dire qu’il peut faire une médaille ou un record à Budapest n’est pas une ineptie. Mais ce sont des haies et il y a dix raisons de faire des erreurs. Il faudra être prêt le jour J. »

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