Coupe du monde féminine : pour Haïti, un premier Mondial grâce à une génération née dans les ruines

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L’équipe d’Haïti avant son match de Coupe du monde contre l’Angleterre à Brisbane (Australie), le 22 juillet 2023.

Le tout premier match de leur histoire en Coupe du monde, face aux championnes d’Europe en titre, aurait pu s’apparenter à un long calvaire. Les joueuses de Haïti ont pourtant rivalisé avec l’Angleterre, samedi 22 juillet, malgré leur défaite (1-0). « On est très fiers de notre performance. On a travaillé dur et c’était un gros test pour nous. On a été très proches du niveau de l’Angleterre », s’est félicité Nicolas Delépine, le sélectionneur français des Grenadières.

Cette défaite est donc encourageante pour l’équipe d’Haïti, qui fait office de Petit Poucet de la compétition. Comme le Maroc, la Zambie, l’Irlande, le Vietnam, le Portugal, le Panama ou les Philippes, elle dispute sa première Coupe du monde. Cette participation est un exploit pour le pays des Caraïbes, qui n’avait joué qu’un Mondial dans son histoire, celui de 1974 chez les hommes. Vendredi 28 juillet à 13 h 30 (heure de Paris), les Haïtiennes affronteront la Chine pour leur deuxième match de la compétition.

En Australie, les observateurs peuvent mesurer la progression du football féminin en Haïti et l’affirmation d’une génération en devenir. Les Grenadières sont la plus jeune sélection de cette Coupe du monde, avec 22,2 ans de moyenne d’âge, contre 26,3 ans pour l’ensemble des 32 nations en lice.

« Nos “anciennes” ont 23-24 ans », dit en souriant Nicolas Delépine, 44 ans. Ce dernier a pris en charge la sélection en février 2022, après avoir découvert un football féminin haïtien qui « se portait très bien ». Après le tremblement de terre de 2010, qui a provoqué la mort de plus de 200 000 personnes et ravagé le pays, le football haïtien a su faire fructifier les plus de deux millions d’euros d’aide apportés par la Fédération internationale de football (FIFA) pour se reconstruire.

Un centre d’entraînement construit par la FIFA

Les joueuses présentes à la Coupe du monde ont quasi toutes été formées au ranch de la Croix-des-Bouquets, un centre construit après 2010 pour accueillir la Fédération haïtienne de football (FHF). Nérilia Mondésir, capitaine des Grenadières, fait partie de ces purs produits de l’académie surnommée Camp Nous – « notre camp » en créole – en allusion au stade du FC Barcelone. « Ce centre nous a permis d’être là où on en est aujourd’hui », fait-elle valoir.

Plus jeune, l’attaquante de 24 ans ne s’imaginait pas footballeuse. Ancienne judoka, elle découvre le ballon rond à 13 ans, « parce qu’il y avait l’opportunité de devenir professionnelle ». La première génération qui a connu le ranch, dont elle fait partie, a disputé la Coupe du monde des moins de 20 ans (U20) en France, en 2018. La deuxième, plus jeune, est incarnée par l’attaquante Melchie Dumornay (19 ans). Surnommée « Corventina », elle a tourmenté la défense anglaise lors du premier match du Mondial.

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