« Naturopathie, un peu, beaucoup… à la folie », sur France 5 : une plongée dans les promesses vénéneuses des médecines alternatives

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Image extraite du documentaire réalisé par Clémence Gardeil, « Naturopathie, un peu, beaucoup… à la folie ».

FRANCE 5 – MARDI 16 AVRIL À 21 H 05 – DOCUMENTAIRE

« Quel que soit le problème, je me fiche que ce soit de l’endométriose, de l’asthme, de l’autisme, n’importe… C’est un problème de lymphe ! », proclame le naturopathe Miguel Barthéléry, visage flouté mais voix assurée. « La maladie, continue-t-il sans hésiter, c’est uniquement une chose : c’est la manifestation du corps qui cherche à se nettoyer, mais qui n’arrive pas à le faire par les voies naturelles que sont les selles et les urines. Quel que soit le symptôme, on jeûne et on purge jusqu’à ce que ça aille mieux. »

Cet adepte de la « papesse du cru », la naturopathe Irène Grosjean, a été condamné, en juin 2023, à deux ans de prison avec sursis et interdiction d’exercer en France, pour usurpation du titre de médecin et exercice illégal de la médecine, après la mort d’un de ses clients. Malgré cela, il continue de prodiguer ses conseils fumeux à des citoyens en pleine errance diagnostique, alerte l’émission « Enquête de santé », dans un tour d’horizon à la fois empathique et critique de la naturopathie. Ils seraient 6 000 à la pratiquer, en France, n’importe qui pouvant se mettre à son compte et s’en revendiquer.

Qu’elles soient traditionnelles ou new age, le recours à des méthodes de soin alternatives est plébiscité depuis la fin des années 2010 par des cadres en pleine crise existentielle comme par des patients confrontés à des maladies chroniques incurables. Cette vaste gamme d’approches ésotériques rassurantes inquiète les professionnels de la santé comme les experts en lutte contre les dérives sectaires.

Sans la moindre instance de contrôle

Sans jamais omettre de souligner la part de responsabilité de la médecine conventionnelle – dont le discours technoscientifique a parfois remplacé l’écoute et l’accompagnement –, ce documentaire équilibriste pointe autant les attraits que les dangers de ces propositions séduisantes. Des inoffensives retraites diététiques dans la nature avec accompagnement d’un coach de vie, au loufoque diagnostic médical par taromancie de l’iris oculaire (iridologie), en passant par les irresponsables jeûnes contre le cancer, elle balaie le large spectre de cette sphère aux promesses vénéneuses.

Toutes souffrent du même mal originel : si elles se présentent le plus souvent comme une simple alternative préventive à la médecine conventionnelle, ou « allopathie », dans le jargon naturopathe, elles cèdent souvent à la tentation de la remplacer, en livrant leurs propres diagnostics, souvent ésotériques, et leurs remèdes, à la solidité scientifique pour le moins fragile. Le tout, sans la moindre instance de contrôle. Avec le risque d’entraîner les patients dans des retards de (vrai) diagnostic, et des pertes de chance, en particulier dans le domaine de l’oncologie.

Lire l’enquête (en 2022) : Article réservé à nos abonnés Le sens des affaires de certains chantres des médecines alternatives et des discours antivax

Sans jamais chercher à froisser les usagers, Clémence Gardeil se prête admirablement au jeu de la fausse cliente candide. Elle n’en montre que mieux le dangereux aplomb des faussaires de la santé, souvent eux-mêmes piégés par leurs biais cognitifs et leur propre besoin d’amortir des pseudo-formations hors de prix. Un documentaire de salubrité publique.

Naturopathie, un peu, beaucoup… à la folie, documentaire réalisé par Clémence Gardeil (Fr., 2024, 52 min) suivi d’un débat « Peut-on faire confiance à la naturopathie ? » présenté en direct par Marina Carrère d’Encausse dans le cadre de l’émission « Enquête de santé ».

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