L’entreprise Cure51 lève 15 millions d’euros pour percer les secrets des « miraculés du cancer »

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On ne leur donnait pas plus de quelques mois d’espérance de vie à l’annonce de leur diagnostic. Et pourtant, contre toute attente, ils ont survécu, défiant tous les pronostics des médecins. Ces « miraculés du cancer », qui ont échappé à des tumeurs réputées incurables, ne sont pas nombreux – à peine quelques dizaines de milliers à travers le monde. Mais ils pourraient détenir, sans le savoir, de précieuses informations pour faire progresser la recherche.

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C’est le pari relevé par Cure51, une jeune pousse parisienne, qui a annoncé, mercredi 20 mars, une levée de fonds de 15 millions d’euros auprès de plusieurs investisseurs, dont le champion européen du capital-risque en santé, Sofinnova, ou encore les hommes d’affaires Xavier Niel (actionnaire à titre individuel du Monde) et Olivier Pomel, PDG de la société Datadog.

Elle a été lancée en 2021 par deux entrepreneurs chevronnés, Nicolas Wolikow, passé par le laboratoire pharmaceutique Ipsen et fondateur de la plate-forme de téléconsultation Qare, et Simon Istolainen, à l’origine de My Major Company. Cette techbio (ces entreprises qui appliquent les innovations de la tech au domaine de la biologie) de 21 salariés, qui compte également parmi ses actionnaires quatre centres d’oncologie internationalement renommés, notamment l’Institut Gustave-Roussy, à Paris, et le Centre Léon-Bérard, à Lyon, ambitionne de constituer la plus grande base de données mondiale de survivants exceptionnels du cancer. Objectif : décoder, grâce à l’analyse de ces informations biologiques, les mécanismes de survie de ces patients atypiques, afin de trouver de nouveaux traitements.

Données anonymisées

Depuis deux ans, la société s’est attelée à cet effet à identifier aux quatre coins du monde ces miraculés, en concentrant pour l’instant ses efforts sur trois cancers particulièrement agressifs : le cancer du pancréas, le glioblastome (un cancer du cerveau) et le cancer du poumon à petites cellules. Grâce aux partenariats noués avec plus d’une cinquantaine d’hôpitaux dans trente-six pays, ce sont ainsi les données anonymisées (biopsies, prises de sang, imageries, prélèvements de tumeurs…) de plus de 1 000 malades, complétées de questionnaires sur leurs habitudes de vie (régime alimentaire, santé mentale, sommeil…) qui seront collectées, nettoyées, puis consolidées au cours des prochains mois pour intégrer la base de données de Cure51. « Cette diversité géographique est une richesse. Outre de contribuer à intégrer dans la recherche des hôpitaux qui en sont souvent exclus faute de moyens, elle renforcera notre démarche. Des différences qui se retrouvent tant chez une population nord-américaine qu’en Afrique de l’Est ou en Asie auront une valeur scientifique plus forte », précise Simon Istolainen.

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