Graphène et Cerveau humain : bilan des deux programmes phares de la recherche européenne, dix ans après

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Le 30 septembre, les deux « vaisseaux amiraux » de la recherche européenne, le projet Graphène et le projet Cerveau humain (Human Brain Project, ou HBP), étaient désarmés : leurs missions s’achevaient. Un peu plus de dix ans plus tôt, leurs pavillons avaient été hissés en fanfare. Le 28 janvier 2013, en effet, la Commission européenne annonçait le lancement de ces deux programmes phares (« flagships ») dans le domaine des technologies futures émergentes, pour soutenir les travaux de dizaines d’équipes de recherche réparties dans une vingtaine de pays.

Echantillon de poudre de graphène produit par Avanzare, partenaire de Graphene Flagship. Ces poudres peuvent être utilisées pour doper les plastiques et autres matériaux composites afin d’améliorer leurs caractéristiques de résistance, de flexibilité et de poids.

Chacun des deux élus devait recevoir près de 1 milliard d’euros, distribués sur dix ans – ce sera plutôt, finalement, 600 millions d’euros pour le HBP et 1 400 millions pour le Graphène. Les fonds provenaient de l’Union européenne (en théorie 500 millions d’euros par projet) et des Etats membres ou des entreprises pour le reste.

Face aux 80 milliards du budget de recherche Horizon 2020 distribués entre 2014 et 2020, la somme peut paraître faible. Mais l’ambition était grande. Catalyser l’interdisciplinarité, favoriser les collaborations entre des dizaines d’institutions de recherche à travers l’Europe, consolider un axe de recherche sur une décennie, au lieu des périodes habituelles de trois-quatre ans, et inscrire l’Europe sur la carte mondiale de ces deux thématiques. L’enjeu : développer des projets novateurs à la limite de la faisabilité qui seraient restés hors de portée de programmes nationaux à court terme.

« Les moyens mis en œuvre devaient générer un changement de paradigme et révolutionner notre façon de voir la science, tant en termes de stratégies technoscientifiques que d’applications sociétales », relève Yves Frégnac, membre du HBP, chercheur en sciences cognitives et directeur de recherche CNRS, à Saclay. « Avec le projet Graphène, nous souhaitions nous donner les moyens de transformer une découverte scientifique en applications technologiques et industrielles », rappelle Thomas Skordas, directeur général adjoint à la direction de la Commission européenne (réseaux de communication, contenu et technologie), qui a piloté les flagships.

De vives controverses

Plus concrètement ? Le projet Graphène s’était donné pour mission de sortir des laboratoires une molécule caractérisée en 2004 avec des propriétés électroniques, thermiques ou mécaniques exceptionnelles et prometteuses.

Le projet Cerveau humain, de son côté, visait à bâtir un cerveau humain virtuel. Il s’agissait d’approfondir la compréhension de cet organe mystérieux, mais aussi de trouver de nouveaux traitements des maladies cérébrales – tout en réduisant les expériences sur les animaux – et de développer une médecine numérique personnalisée. Autre objectif, plus proche du périmètre de manœuvre des flagships : mettre au point des technologies informatiques inspirées du cerveau.

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