La discrète révolution de la télésurveillance médicale

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Deux infirmières du service de suivi clinique à domicile du CHU de Caen (Calvados), le 28 juin 2023.

C’est devenu une habitude. Trois fois par semaine, Jean-Louis Bernard prend sa tension, se pèse, puis, son petit déjeuner avalé, sort sa tablette pour remplir un court questionnaire en ligne sur son état de santé. « Au début, ça me barbait, je n’en voyais pas l’intérêt. Mais j’ai rapidement changé d’avis », raconte le retraité de 74 ans. Hospitalisé il y a trois ans pour une insuffisance cardiaque sévère, le Caennais bénéficie depuis sa sortie d’une télésurveillance médicale.

« Quand on a une maladie chronique, on peut vite dériver et se retrouver aux urgences si on ne fait pas attention, il suffit parfois d’un repas un peu trop salé. Grâce à cet outil, les équipes médicales réagissent à la moindre petite alerte et me conseillent à distance », poursuit-il. A ses côtés, Michelle, son épouse, acquiesce : « C’est une aide formidable. D’ailleurs, il n’a pas été réhospitalisé depuis qu’il est rentré à la maison, alors que c’est pourtant fréquent dans ce type de cas. »

A 700 kilomètres de la cité normande, Maÿlis, 33 ans, confirme. « C’est comme un petit ange gardien discret qui veille sur nous de loin », explique cette jeune mère. Diabétique depuis l’adolescence, cette Lyonnaise, équipée en permanence d’une pompe à insuline et d’un capteur de glycémie, a profité pendant plusieurs mois d’un suivi à distance dans le cadre de sa grossesse. « Il s’agissait de la santé de mon enfant. C’était rassurant de savoir qu’au moindre écart, les infirmières le verraient et me guideraient pour rééquilibrer mon dosage », note-t-elle.

« Eviter des complications parfois graves »

Télésurveillance. Le terme semble un brin angoissant. Cette branche de l’e-santé, cousine de la téléconsultation et qui repose sur le suivi et l’analyse à distance des données de santé des patients récoltées par le biais d’objets connectés ou d’applications numériques, est pourtant en plein essor ces dernières années.

« Le choix du nom est malheureux. Ça fait penser à du flicage, mais ce n’est pas le cas. Il s’agit d’accompagner les malades dans la gestion de leur pathologie et de les coacher afin de leur éviter des complications parfois graves », détaille le professeur Charles Thivolet, à la tête du centre Diab-eCare, une unité de soins ambulatoires rattachée aux Hospices civils de Lyon et dédiée au traitement du diabète. Depuis son ouverture en 2020, plus de 900 malades y ont profité d’une télésurveillance médicale.

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Le recours à cette pratique devrait prochainement s’accélérer dans l’Hexagone. Car, depuis le 1er juillet, son remboursement par la Sécurité sociale est généralisé. Une première pour un Etat européen. Cette entrée dans le droit commun fait suite à la mise en place en 2018 par le gouvernement du programme Etapes, dont 130 000 patients ont pu bénéficier, et qui avait pour objectif d’expérimenter cet outil en vie réelle dans cinq domaines : le diabète, l’insuffisance respiratoire, l’insuffisance cardiaque, l’insuffisance rénale et le port de prothèses cardiaques implantables.

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