Elections européennes : Raphaël Glucksmann, le pari socialiste

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Raphaël Glucksmann, tête de liste du Parti socialiste et de Place publique aux élections européennes, à Paris, le 23 mai 2024.

En ce 26 avril, la journée a mal commencé pour Raphaël Glucksmann. Le matin même, lors de son interview avec Apolline de Malherbe sur BFM-TV, la tête de liste aux élections européennes pour Place publique et le Parti socialiste (PS) a soutenu la direction de Sciences Po, considérant qu’elle avait « le droit de décider d’évacuer » le campus bloqué par les étudiants propalestiniens. Dans le van qui le conduit au Printemps de Bourges, l’ancien élève de la rue Saint-Guillaume découvre l’ampleur de la bourde : absorbé par la campagne, il n’avait pas vu que les forces de l’ordre étaient passées à l’action. Les images de CRS casqués et armés, sortant des jeunes gens de l’école, tournent en boucle sur les chaînes d’info.

En quelques heures, sa sortie prend l’allure d’une faute politique : le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, le contredit, affirmant sur le réseau social X que l’on « n’envoie pas les CRS pour déloger des étudiants pacifiques ». La France insoumise (LFI) savoure. « Difficile à suivre », ricane le député de l’Essonne Antoine Léaument. Assise sur la banquette arrière du van, son équipe se gratte la tête. Faut-il corriger le tir ? Décision est prise de ne rien faire, et de laisser la polémique s’éteindre d’elle-même. L’essayiste rétropédale le 7 mai sur Europe 1, estimant qu’il ne faut pas « expulser des étudiants parce qu’ils manifestent ».

Depuis des mois, Raphaël Glucksmann affronte les attaques de LFI, qui ne rate pas une occasion de lui savonner la planche. Elles s’ajoutent à celles de l’extrême droite et du camp présidentiel. Le grand échalas au physique juvénile continue de creuser l’écart avec le reste de la gauche et menace de détrôner la candidate de Renaissance, Valérie Hayer. « La campagne est plus violente qu’en 2019, mais, paradoxalement, je la vis beaucoup mieux », analyse l’intéressé. Conscient que cette année-là, c’est aussi l’oral qui avait péché, Raphaël Glucksmann a fait appel à un ami d’enfance pour l’épauler. On aperçoit ce metteur en scène de théâtre promener sa silhouette discrète dans ses nombreux déplacements.

Faire « partie du front » contre Marine Le Pen

Le candidat s’est attiré un soutien de poids, l’ancien premier ministre Lionel Jospin, qui avait déjà voté pour lui en 2019. Mercredi 22 mai, les deux hommes ont arpenté les rues du 18arrondissement, distribuant des tracts aux badauds, devant une horde de caméras. L’homme de la « gauche plurielle » a loué son « cap clair » sur l’Europe, et s’est félicité qu’il « ouvre un espoir » pour « une gauche démocratique », qui a besoin « de se renouveler » face « aux extrêmes ».

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