Devant les armées, Emmanuel Macron demande aux industriels de « gagner en rapidité, en volume et en innovation »

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Le président français, Emmanuel Macron, visite la base navale de Cherbourg dans le cadre de ses vœux du Nouvel An à l’armée française, le 19 janvier 2024.

« Notre temps impose de replacer le combattant au cœur de nos attentions » : le président Emmanuel Macron a présenté ses vœux, vendredi 19 janvier à Cherbourg (Manche), aux armées françaises. Lors de son discours de la base navale, le chef de l’Etat a réaffirmé « les principes qui guident le soutien de la France à l’Ukraine », où il compte se rendre en février pour la deuxième fois depuis le début de l’invasion russe en février 2022. « Notre devoir est de rendre la victoire russe impossible. » « Une victoire russe, c’est la fin de la sécurité européenne », a-t-il ajouté.

« Nous continuerons d’aider les Ukrainiens, de manière pragmatique et complète », a martelé le chef de l’Etat, en précisant que la France allait poursuivre « en les équipant dans tous les domaines qui leur sont essentiels : l’artillerie, la défense sol-air et les frappes à distance ».

« Nous devons amplifier la transformation commencée » afin de répondre plus vite aux besoins de l’Ukraine dans la guerre contre la Russie, a lancé le chef de l’Etat aux industriels. « Je demande à chaque patron d’être totalement concentré sur les enjeux de production et d’approvisionnement. Il ne faut plus jamais se satisfaire de délais de production qui s’étalent sur plusieurs années », a-t-il insisté.

« Ce qui est attendu de chacun, c’est au fond de gagner en rapidité, en volume, en innovation », a fait valoir M. Macron qui plaide pour « une industrie en mode économie de guerre » depuis février 2022 et le début de la guerre en Ukraine.

Le chef de l’Etat a notamment évoqué les « années confortables » qui, parfois, ont provoqué « une forme d’engourdissement satisfait qui nous permettait de conserver un très haut niveau de qualité, très élevé mais cher, coûteux à petit flux, à petite innovation ». Mais « ce monde ne le permet plus », a-t-il argué.

Le président a délivré un satisfecit à l’amélioration des cadences de production du canon Caesar, du missile Mistral, de l’avion Rafale ou des radars de Thales. Mais « d’autres ont tardé à comprendre le changement de contexte stratégique, l’importance de pouvoir livrer vite » et « ont, depuis un an et demi, manqué parfois des contrats et je le regrette », a-t-il glissé.

« Le pilotage par les délais est vital », a martelé M. Macron, appelant à ne « plus compter en années mais en mois et semaines ». « Le choix et la maîtrise des coûts [sont] un impératif », a-t-il aussi fait valoir, invoquant le « devoir de citoyen » qui incombe à chacun car « chaque euro de la LPM [loi de programmation militaire] doit être utile ».

Le service national universel connaîtra une impulsion importante

Paris, critiqué à l’étranger pour la faiblesse de son soutien, a multiplié cette semaine les annonces d’aide militaire à Kiev : une quarantaine de missiles longue portée Scalp d’abord, une cinquantaine de bombes AASM (armement air-sol modulaire) par mois pendant un an ensuite, une montée en puissance de la production d’obus de 155 millimètres, et le financement de douze canons Caesar supplémentaires.

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La France est « en train de finaliser un accord » de sécurité important avec l’Ukraine du type de celui conclu le 12 janvier entre le Royaume-Uni et l’Ukraine sur dix ans, avait déclaré mardi le chef de l’Etat, lors de sa conférence de presse.

Dans la ligne du « réarmement » de la société, évoqué mardi lors de sa conférence de presse, le président de la République a aussi affirmé à Cherbourg que « le service national universel connaîtra une impulsion importante dans les semaines à venir. C’est un impératif ». « Pour consolider une société déterminée à faire face à son destin dans un monde et dans une société où les forces centrifuges se renforcent », a-t-il ajouté.

Un manque d’environ 2 000 personnes dans l’armée de terre

Les derniers militaires français ont quitté le Niger le 22 décembre, mettant fin à dix ans d’opération antijihadiste au Sahel, après avoir été poussés vers la sortie au Mali et au Burkina Faso par des juntes hostiles. Depuis, les armées, régulièrement appelées à se « transformer », attendent des perspectives pour réorienter leurs missions en Afrique, mais aussi vers d’autres régions : l’océan Indien et le Pacifique, le golfe Arabo-Persique ou l’est de l’Europe.

Depuis que la guerre entre Israël et le Hamas a embrasé le Proche-Orient, un porte-hélicoptères, le Dixmude, a été reconditionné en hôpital militaire. Mouillant dans les eaux égyptiennes, il a soigné « plus d’un millier » de civils gazaouis blessés par les bombardements israéliens sur Gaza, selon M. Macron.

La marine française s’est aussi illustrée le 9 décembre, en tirant pour la première fois des missiles en « légitime défense » en mer Rouge, face à des attaques des rebelles yéménites houthistes qui assurent agir en solidarité avec les Palestiniens de Gaza. Plusieurs pays européens, menés par la France et l’Italie, sont en discussion pour l’envoi d’une mission européenne dans la zone, pour protéger cette voie maritime cruciale pour la sécurité économique de l’Europe.

Les armées seront également très sollicitées en 2024 pour les Jeux olympiques qui mobiliseront cet été au moins 15 000 soldats. Elles cherchent la parade pour affronter des difficultés de fidélisation et de recrutement avec notamment un manque d’environ 2 000 personnes dans l’armée de terre.

Emmanuel Macron s’était déjà rendu à Cherbourg en 2019 pour lancer officiellement le Suffren, le premier d’une série de six nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque (SNA), plus discrets et plus lourdement armés, considérés comme des symboles de l’indépendance stratégique de la France.

Le Monde avec AFP

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