Elections européennes 2024 : l’extrême droite gagne du terrain

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Discours de Jordan Bardella lors d’une rencontre des chefs de partis d’extrême droite européens, à Florence, le 3 décembre 2023.

A six mois des élections européennes, la ligne de départ se précise, les rapports de force aussi. Avant même le début de la campagne, la liste du Rassemblement national (RN), conduite par Jordan Bardella, a pris de l’avance sur ses concurrents et part de haut dans un bloc d’extrême droite de plus en plus large, montre la deuxième vague de l’enquête électorale réalisée par Ipsos et Sopra Steria en partenariat avec le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) et Le Monde. Trop précoce pour dire quelque chose de la ligne d’arrivée, l’enquête permet de mesurer un point de départ que les dynamiques de campagne pourront bien entendu faire varier.

Le sondage a la particularité de suivre un vaste échantillon de 11 691 personnes, ce qui permet une marge d’erreur réduite, allant de 0,2 point à 1,1 point de pourcentage. Les intentions de vote sont calculées parmi la part des sondés certains d’aller voter, soit entre 41 % et 45 %. Cette part est appelée à progresser au fur et à mesure que l’échéance approche ; en 2019, aux dernières élections européennes, la participation était de 50,6 % (+ 8 points par rapport à 2014).

C’est dans ce contexte de faible participation annoncée et d’intérêt moyen pour les élections du 9 juin 2024 que le RN fait la course en tête avec 28 % d’intentions de vote (1,1 point de marge d’erreur), en progression de 4 points par rapport à la première vague de l’enquête, menée en juin. Cela lui confère une avance confortable sur la liste Renaissance, 20 % d’intentions de vote (1 point de marge d’erreur), qui éloigne la perspective du duel, déjà gagné par le RN en 2019 à quelque 200 000 voix, et menace plutôt d’installer une domination.

Des gauches stables, mais morcelées

L’électorat de Marine Le Pen à l’élection présidentielle est pourtant l’un des moins mobilisés pour juin 2024 avec celui de Jean-Luc Mélenchon – respectivement 42 % et 44 % des sondés sont certains d’aller voter. De quoi leur fournir encore des marges de progression. En troisième position, la liste conduite par Raphaël Glucksmann (Place publique), en passe d’obtenir l’aval du Parti socialiste, rassemble 10,5 % des intentions de vote (0,8 point de marge d’erreur), lui conférant la première place à gauche. Une position occupée en 2019 par la liste Europe Ecologie-Les Verts (EELV) conduite par Yannick Jadot.

Tout peut encore changer dans la campagne, vu l’océan des abstentionnistes et la volatilité de ceux qui pensent aller voter, mais le tableau dressé par cette seconde vague augure des défis considérables pour le bloc macroniste, la droite traditionnelle et la gauche. De larges groupes restent peu touchés par cette élection, suivant les contours habituels de l’abstention : les jeunes – seulement 28 % des 18-24 ans prévoient à cette heure d’aller voter – mais aussi les ouvriers et les employés – 31 % et 33 % se disent certains d’aller voter.

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