Jérôme Cahuzac dans « Le Monde », de défenseur de la probité à fraudeur décrié

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Jérome Cahuzac, à Monsempron-Libos (Lot-et-Garonne), le 23 novembre 2023.

Il estime avoir « purgé » sa « dette » – quatre ans de prison, dont deux avec sursis, assortis de cinq années d’inéligibilité. C’est donc la bouche en cœur et délesté de son ­bracelet électronique que Jérôme Cahuzac, condamné en 2018 pour fraude fiscale, reprend le chemin de la vie publique, avec l’aide de médias avides de tendre leur micro à l’ancien ministre délégué au budget.

Déambulation sur un marché de son ancienne terre d’élection du Lot-et-Garonne, réunions publiques… L’homme de 71 ans ne s’« interdi[t] rien », a-t-il confié à France Inter, lundi 27 novembre. Surtout pas de se présenter à une élection. Ni de s’absoudre de son mensonge proféré face à l’Assemblée nationale, en 2013, lorsqu’il avait nié l’existence de ses comptes cachés à l’étranger, révélés par Mediapart. « Ce n’est pas parce que j’ai commis un acte parfaitement immoral que mon retour l’est », affirme-t-il. Le prochain scrutin local n’ayant lieu qu’en 2026, les électeurs ont encore le temps de méditer l’axiome.

L’entrée dans la mêlée politique rapportée par Le Monde, il y a plus de trente ans, de ce chirurgien de formation, rugbyman amateur, était plus discrète. Le 10 août 1988, le quotidien égrène dans un article non signé la liste des membres du cabinet du ministre de la santé, Claude Evin, parmi lesquels figure Jérôme Cahuzac, conseiller technique chargé de l’industrie pharmaceutique. L’intéressé ne va occuper les pages du journal qu’une petite décennie plus tard, en 1997, à la faveur de son élection comme député (PS) du Lot-et-Garonne. Il a 45 ans. Le 8 octobre 1997, Caroline Monnot, à l’époque chargée du suivi du Parlement, soupèse les réactions des élus au resserrement de la politique familiale décidé par le gouvernement de Lionel Jospin, en particulier le plafonnement des allocations. « La majorité de mes électeurs comprennent très bien, déclare Jérôme Cahuzac, en porte-voix revendiqué des classes populaires. Pour eux, un plafond à 30 000 francs par mois, c’est énorme. Ils ne comprennent pas qu’on puisse protester avec ce niveau de rémunération. »

L’élu gagne vite sa place au sein de la commission des finances du Palais-Bourbon, en tant que rapporteur de la loi de financement de la Sécurité sociale. Il dénonce « l’extrême opacité » qui aurait présidé, sous la mandature précédente, aux négociations sur les rémunérations de certains hauts fonctionnaires hospitaliers. Justifie le choix de la ministre de l’emploi, Martine Aubry, de réaliser des économies sur le dos des riches radiologues. Fustige la cure d’austérité envisagée par la Caisse nationale d’assurance-maladie, qui ne viserait, selon lui, qu’à « permettre au Medef de brocarder un peu plus l’hôpital ». La gauche est son combat.

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