Après le remaniement, le problème de la majorité relative à l’Assemblée reste entier pour l’exécutif

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La première ministre, Elisabeth Borne, pendant la séance des questions au gouvernement, à l’Assemblée nationale, le 18 juillet 2023.

La période des « cent jours » et le remaniement n’y ont rien fait : l’élargissement de la majorité relative à l’Assemblée nationale reste un objectif non atteint par l’exécutif. Le choix d’Emmanuel Macron de conserver sa première ministre, Elisabeth Borne, puis de nommer, jeudi 20 juillet, six députés macronistes (cinq Renaissance et un MoDem) sur les huit nouveaux entrants au gouvernement signe un « rétrécissement » politique de l’équipe gouvernementale, comme le dénoncent les oppositions. Aucune personnalité de la gauche ou de la droite parlementaire ne figure parmi les nouveaux entrants.

« Le fait de maintenir Elisabeth Borne à son poste est un signal que justement rien ne va changer », avait avancé, dès mercredi, Marine Le Pen, présidente du groupe Rassemblement national au Palais-Bourbon. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a lui ironisé, jeudi, sur « un gouvernement replié sur le dernier carré des fidèles » du chef de l’Etat. « Les démarches de débauchage individuel chez les oppositions n’ont que très peu de signification politique vis-à-vis de l’opinion », rétorque le député Renaissance des Français de l’étranger, Marc Ferracci, afin de justifier l’absence de figure d’ouverture.

Pour tourner la page de la contestation sociale de la réforme des retraites, M. Macron avait pourtant donné « cent jours » à sa cheffe du gouvernement pour « continuer à élargir cette majorité autant qu’elle le pourra », convaincu que « des individualités politiques avec leurs convictions (…) sont prêtes à travailler avec les forces de la majorité ». « J’espère qu’elle y parviendra », avait-il ajouté au cours d’une interview sur TF1 et France 2, le 22 mars.

Des textes consensuels

Mais les semaines qui ont suivi à l’Assemblée ont surtout fait la démonstration de l’impossibilité pour la majorité relative de nouer des coalitions durables, au-delà de la stratégie du « texte par texte » prônée par Mme Borne, avec les groupes d’oppositions. « Si le président de la République voulait travailler d’une autre manière, en faisant une coalition avec nous, “une union sacrée” comme le dit Laurent Wauquiez, c’est à lui de faire le premier pas. Mais je crois qu’il n’en a pas envie », analyse la députée Les Républicains (LR) de l’Orne, Véronique Louwagie.

Lire aussi le décryptage : Article réservé à nos abonnés Pour ce remaniement, Emmanuel Macron ne débauche plus à droite

Le camp présidentiel réfute tout enlisement au Parlement en mettant en avant le nombre de 49 textes adoptés durant la première année de la législature, dont trois « seulement » avec le recours à l’article 49 alinéa 3 de la Constitution, qui permet l’adoption d’une loi sans vote (les deux textes budgétaires et la réforme des retraites). « Quand j’entends tous les commentaires qui expliqueraient que le gouvernement ne pourrait plus passer des lois… Dans l’année qui vient de s’écouler, plus de lois ont été passées qu’il y a six ans et plus [de textes] ont abouti par des [commissions mixtes paritaires] conclusives », s’est défendu le chef de l’Etat, vendredi 21 juillet, en ouverture du conseil des ministres.

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