Dans son rapport définitif, l’inspection générale de l’administration étrille une nouvelle fois le fonds Marianne

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L’inspection générale de l’administration (IGA) n’avait rendu qu’un rapport partiel sur la gestion du fonds Marianne, début juin. Il était centré sur l’association présentant le plus grand nombre d’irrégularités, la désormais célèbre Union des sociétés d’éducation physique et de préparation militaire, structure utilisée comme une « coquille » pour justifier la subvention accordée au polémiste Mohamed Sifaoui, très en cour auprès du cabinet de Marlène Schiappa, dans le cadre du fonds Marianne.

L’institution de contrôle a rendu, au soir du jeudi 6 juillet, son rapport général sur ce fonds de 2,5 millions d’euros, créé en avril 2021 par Mme Schiappa, alors ministre déléguée à la citoyenneté, afin de lutter contre la propagande djihadiste en ligne, six mois après l’assassinat du professeur Samuel Paty, le 16 octobre 2020, par un islamiste radicalisé. A l’instar de la commission d’enquête du Sénat, l’IGA se montre très critique sur le choix même d’un appel à projet, « vecteur fragile » juridiquement, une « carence grave ». Elle est tout aussi critique sur les « délais resserrés » laissés aux associations pour candidater à l’appel, une demande expresse du cabinet de la ministre.

Le rapport confirme un point révélé par la commission d’enquête sénatoriale : certaines associations, comme l’Union des sociétés d’éducation physique et de préparation militaire ou Reconstruire le commun, seconde plus importante bénéficiaire du fonds, avaient profité d’un « fléchage (…) en amont du processus », qui faussait l’appel à candidatures. Le rapport confirme aussi des décisions discrétionnaires. Ainsi, l’association SOS-Racisme, qui avait été sélectionnée, a bien été écartée au dernier moment sur demande de Mme Schiappa, « à la suite d’une polémique, par voie de presse, entre la ministre déléguée et le président de l’association ».

Des alertes internes ignorées

Reconstruire le commun, association déjà sur la sellette pour avoir usé des subsides du fonds pour publier des contenus politiques critiquant certains candidats en pleine campagne présidentielle, fait l’objet d’un chapitre complet. Ce dernier pointe les alertes internes, ignorées par Christian Gravel, secrétaire général du comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR), concernant la jeunesse de la structure – les critères de l’appel à projet demandaient au moins une année d’existence. Rapidement, selon des courriels internes, plusieurs agents du CIPDR se montrent critiques des premières productions de Reconstruire le commun, estimant qu’ils « ne parviennent pas à concrétiser grand-chose », malgré une manne financière considérable.

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