Déforestation : le label FSC refuse d’exclure le groupe Paper Excellence

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Le groupe canadien Paper Excellence conserve son label de gestion « durable » du bois délivré par le Forest Stewardship Council (FSC). L’organisme, qui a publié un communiqué le 17 mai, rejette ainsi la plainte déposée en novembre par plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) environnementales l’appelant à empêcher une « multinationale de l’exploitation forestière de faire main basse sur les forêts ».

Ces ONG dénonçaient les liens étroits entre Paper Excellence et le groupe indonésien Asia Pulp & Paper (APP), lui-même exclu par le FSC en 2007 après avoir été reconnu responsable de « pratiques de destruction des forêts ». Les deux groupes appartiennent à des membres d’une même famille indonésienne, les Widjaja, mais ont toujours prétendu opérer séparément.

L’enquête « Deforestation Inc. », publiée en mars 2023 par Le Monde et plusieurs partenaires internationaux, a montré le contraire. Un ancien cadre de la société y révélait, documents à l’appui, comment les salariés des deux entreprises coopéraient. Des éléments qui suggèrent que la création de Paper Excellence était une manière, pour le sulfureux groupe APP, de poursuivre son développement à l’étranger sous un visage plus respectable.

Questions sur l’indépendance du cabinet qui a mené l’enquête

Dans son communiqué, le FSC explique avoir classé le dossier car les investigations menées au cours des derniers mois « n’ont révélé aucun lien de contrôle entre Paper Excellence et APP », selon ses normes. L’organisme explique avoir délégué ses vérifications au cabinet d’affaires McMillan LLP, qui s’est fondé sur les documents publics relatifs aux deux structures et sur les éléments que Paper Excellence lui a communiqués.

Si le rapport conclut qu’APP ne contrôle pas formellement le groupe canadien, il montre en creux les limites des règles du FSC. Le choix de McMillan LLP pour conduire ces investigations questionne, car le cabinet a accompagné à plusieurs reprises Paper Excellence ces dernières années, en particulier par des prestations de conseil juridique liées aux acquisitions des papetiers canadiens Domtar (en 2021) et Résolu (en 2023).

Interrogé par Le Monde, le FSC assure que « des vérifications ont été menées avant d’engager McMillan LLP », au cours desquelles « aucun conflit d’intérêts n’a été identifié ». Le cabinet d’avocats ne se considère pas davantage juge et client du groupe papetier canadien.

Relire notre enquête : Article réservé à nos abonnés Le tour de passe-passe de deux groupes pour dévorer le marché mondial du papier

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