COP28 : « Les Emirats sont bien le lieu où mettre sur la table la question de la sortie du pétrole et du gaz »

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La COP28 ouvre ses portes le 30 novembre à Dubaï dans les Emirats arabes unis. Les Emirats sont membres du G17. Vous ne connaissez pas le G17 ? Normal, il n’a pas d’existence formelle : il s’agit des pays dont les économies sont les plus dépendantes de la production et de l’exportation d’énergie fossile. Certains sont au Proche-Orient, mais pas tous. On en trouve en Afrique (Nigeria, Algérie, Afrique du Sud, Libye), dans les pays développés (Australie, Norvège), sans oublier la Russie, le seul membre du G17 à exporter à la fois du pétrole, du gaz et du charbon.

Depuis le démarrage de la négociation climatique, les membres du G17 s’illustrent par leur capacité de freinage et d’obstruction. Le capital immobilisé pour la production et l’exportation d’énergie fossile y constitue l’ossature de l’économie. La transition bas carbone y sera très pénalisante à court terme car il faudra se défaire de ces actifs carbonés. Les dirigeants en place préfèrent donc souvent jouer la montre pour remettre cette charge au plus tard possible.

Le président de la COP28, Sultan Ahmed Al-Jaber, va-t-il s’inscrire dans cette lignée ? C’est ce que suspectent la plupart des ONG dont plusieurs appellent au boycott de la conférence. Outre sa fonction ministérielle qui justifie cette présidence, Al-Jaber est en effet le PDG de la compagnie nationale pétrolière Abu Dhabi National Oil Company (Adnoc), l’une des grandes compagnies nationales du Proche-Orient qui prévoit d’accroître d’ici à 2028 sa capacité d’extraction de pétrole de 4 millions à 5 millions de barils/jour.

Mais il est aussi le cofondateur et le patron de Masdar, l’un des leaders mondiaux en matière d’énergie renouvelable. Le présenter comme le représentant du seul lobby pétro-gazier est donc un peu réducteur.

Un électrochoc

Les stratégies classiques d’obstruction du G17 sont purement défensives. Elles consistent à maximiser à court terme les recettes tirées de l’extraction et de l’exportation d’énergie fossile sans préparer le moyen terme. Elles détournent certains membres du G17, pourtant richement dotés en ressources solaires ou en métaux de la transition, d’opportunités majeures de reconversion de leurs actifs carbonés permettant de prendre des positions sur les marchés énergétiques de demain. En deux mots, elles enferment le G17 dans la malédiction de la rente fossile.

Demain, le réveil risque d’être douloureux. Pour s’en convaincre, il suffit de voir l’état catastrophique des économies rentières lorsqu’elles sont affectées par l’effondrement de cette rente. Au Venezuela, le niveau de vie par habitant s’est contracté des trois-quarts et l’espérance de vie a reculé de 2,5 ans. La situation est sans doute pire en Libye.

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