Les pays du Golfe veulent peser davantage sur l’agenda politique du FMI

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Lors d’une manifestation contre la pauvreté et le changement climatique, en marge
de l’assemblée annuelle du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, à Marrakech (Maroc), le 12 octobre 2023.

Lors de la dernière assemblée annuelle du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, qui accueillait, à Marrakech, en octobre, les ministres et dirigeants économiques du monde entier, les représentants des pays du Golfe étaient sur le devant de la scène. A la table ronde consacrée au Qatar, le ministre des finances, Ali Bin Ahmed Al Kuwari, a rappelé que son pays était attaché à la stabilité financière mondiale et qu’il avait d’ailleurs aidé l’Argentine à respecter ses engagements vis-à-vis du FMI.

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Quant au ministre des finances saoudien, Mohammed Al-Jadaan, il était invité à donner son avis sur la crise de la dette des pays pauvres aux côtés de Kristalina Georgieva et Ajay Banga, les patrons du FMI et de la Banque mondiale. Riyad, la capitale de l’Arabie saoudite, va bientôt abriter le premier bureau du FMI dans la région, à la suite d’un accord signé en octobre 2022.

Les pays du Golfe renforcent aussi leurs engagements auprès de l’institution par le truchement de contributions financières à des fonds comme la facilité pour la résilience et la durabilité ou le guichet « chocs alimentaires » destinés à venir en aide aux pays à bas revenu. « La région fait de plus en plus transiter son aide internationale par le biais du FMI, en même temps qu’elle veut être plus visible et présente sur les grandes thématiques internationales », reconnaît Jihad Azour, responsable de l’institution pour l’Asie centrale et le Moyen-Orient.

Une nouvelle stratégie formulée, en janvier, par Mohammed Al-Jadaan, lors du Forum économique de Davos (Suisse) : « Alors que nous versions des dons et des prêts sans aucune condition, nous changeons de politique en travaillant désormais avec les institutions multilatérales et en disant aux pays récipiendaires que nous voulons des réformes. »

Aide financière cruciale

Seule région du monde à dégager des excédents budgétaires grâce aux revenus pétroliers, son aide financière est cruciale, alors que la moitié des pays à bas revenu sont menacés par la dette. L’Arabie saoudite a, par exemple, consacré 1,01 % et 0,74 % de son revenu national brut à l’aide au développement en 2021 et 2022, contre une moyenne de 0,33 % et 0,36 % dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques.

« L’aide bilatérale offre beaucoup de visibilité au pays donateur, mais elle est plus efficace par l’intermédiaire du FMI, car elle s’appuie sur son expertise et est assortie de recommandations sur la politique économique », souligne Tim Callen, chercheur au think tank américain Arab Gulf States Institute in Washington. Les pays du Golfe ont apporté des milliards de dollars pour venir en aide à l’Egypte, au Pakistan ou à la Jordanie. « Ils saisissent sans doute que financer un pays sans programme de réforme, c’est inefficace », estime Clemence Landers, chercheuse au think tank américain Center for Global Development.

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