Contamination aux « polluants éternels » dans la région lyonnaise : l’usine Arkema déconseille de consommer les légumes de son potager

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L’usine chimique Arkema de Pierre-Bénite, située dans la « vallée de la chimie » au sud de Lyon, sous le coup de plusieurs plaintes liées aux « polluants éternels » PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées), a adressé vendredi 21 juillet un courrier aux utilisateurs de son jardin partagé. La recommandation est claire : ne pas consommer les fruits et les légumes « issus des jardins potagers qu’elle possède, situés à proximité immédiate du site », a expliqué à l’Agence France-Presse le service communication de l’entreprise.

Ce dernier a confirmé une information de France 3 selon laquelle l’entreprise avait adressé un courrier en ce sens aux quelque soixante locataires du jardin potager, mais a refusé de le publier. Selon l’entreprise, cette recommandation fait suite à des « résultats préliminaires d’analyses effectuées fin 2022 » qui doivent encore faire l’objet de « résultats définitifs de l’évaluation des risques potentiels ».

Cette étude, disponible sur le site de la direction régionale de l’environnement (Dreal), n’a relevé qu’un seul dépassement : il concerne un taux de PFNA (un des polluants PFAS) « jusqu’à 25 fois la valeur repère sur les carottes » aux abords immédiats de la plate-forme industrielle.

Les conséquences sanitaires : Article réservé à nos abonnés « Polluants éternels » : quels sont les effets des PFAS sur la santé ?

Des résultats tout à fait préliminaires, selon la préfecture

« Cette décision s’appuie sur des résultats non valables scientifiquement », fait valoir pour sa part la préfecture du Rhône, car ils doivent encore être vérifiés par une contre-expertise de la part des services de l’Etat. La préfecture a demandé des analyses supplémentaires dans un arrêté du 14 juin. « Les représentants du groupe Arkema ont été reçus récemment en préfecture pour leur rappeler leur obligation de respecter la feuille de route définie par (cet) arrêté », avertit la préfecture.

L’usine Arkema de Pierre-Bénite est par ailleurs visée par un référé pénal environnemental, déposé en mai par une quarantaine d’associations et personnes physiques qui exigent des sanctions contre l’industriel et une étude des risques sanitaires liés aux PFAS. Certains plaignants disent souffrir de « perturbations endocriniennes » et déplorent un « cancer des testicules chez un enfant de moins de deux ans », des maladies potentiellement liées au PFAS, selon leur avocate.

Arkema avait assuré lors de l’annonce de cette plainte collective que « le site de Pierre-Bénite respecte toutes les réglementations quant à ses rejets industriels et est régulièrement contrôlé par les autorités ». Un arrêté préfectoral de 2022 a enjoint à Arkema d’arrêter l’utilisation de PFAS à la fin de 2024. L’industriel a depuis installé une station de filtration permettant de réduire drastiquement ces rejets, mais les plaignants demandent que l’eau soit aussi traitée avant son utilisation.

Le Monde avec AFP

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