L’Organisation mondiale de la santé a exprimé mercredi 12 juillet sa crainte que la multiplication des cas de grippe aviaire chez les mammifères aide le virus à se propager « plus facilement » à l’espèce humaine. « Les virus de la grippe aviaire se propagent normalement parmi les oiseaux, mais le nombre croissant de cas de grippe aviaire H5N1 détectés chez les mammifères – qui sont biologiquement plus proches des humains que les oiseaux – fait craindre que le virus s’adapte pour infecter plus facilement les humains », a signalé l’OMS dans un communiqué.
Dans cette mise en garde également signée par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), les organisations appellent les pays à collaborer « afin de sauver le plus grand nombre d’animaux possible et de protéger les populations ».
Depuis son apparition, en 1996, le virus de la grippe aviaire H5N1 entraînait des épizooties essentiellement saisonnières. Selon l’OMS, depuis 2020 un variant de ce type de virus a entraîné un nombre sans précédent de morts d’oiseaux sauvages et de volailles dans de nombreux pays d’Afrique, d’Asie et d’Europe. En 2021, le virus s’est propagé à l’Amérique du Nord, et en 2022 à l’Amérique centrale et à l’Amérique du Sud. Ces épizooties sont synonymes de morts massives d’oiseaux sauvages et d’abattage de dizaines de millions de volailles.
Les trois organisations s’inquiètent également du fait que certains mammifères pourraient servir de « réservoirs de mélange » pour les virus de la grippe, ce qui entraînerait l’émergence de nouveaux virus qui pourraient être encore plus dangereux pour les animaux et les êtres humains.
Récemment, de plus en plus de rapports ont fait état d’épidémies mortelles chez les mammifères, remarquent-elles. Depuis 2022, dix pays sur trois continents ont signalé à l’OMSA des épidémies chez les mammifères marins et terrestres, mais les organisations jugent probable que des foyers n’aient pas encore été détectés ou signalés dans d’autres pays. La grippe aviaire a pour l’instant été détectée chez au moins vingt-six espèces de mammifères, dont des visons d’élevage, des phoques et chez des animaux domestiques tels que des chats et des chiens.
« Surveiller et détecter »
Selon l’OMS, les infections humaines peuvent provoquer une maladie grave avec un taux de mortalité élevé. Les cas humains détectés jusqu’à présent sont principalement la conséquence de contacts étroits avec des oiseaux infectés ou avec des environnements contaminés.
« D’après les informations disponibles jusqu’à présent, le virus ne semble pas pouvoir se transmettre facilement d’une personne à l’autre, mais il faut rester vigilant pour identifier toute évolution du virus qui pourrait changer cela », signale Sylvie Briand, à la tête du service de préparation et de prévention pour les épidémies et les pandémies de l’OMS. « Nous encourageons tous les pays à améliorer leur capacité à surveiller ces virus et à détecter tout cas humain. C’est d’autant plus important que le virus touche maintenant des pays qui ont une expérience limitée en matière de surveillance de la grippe aviaire », poursuit-elle.