
Les grands groupes britannique BP et français TotalEnergies sont sortis vainqueurs d’un processus d’enchères inédit en Allemagne pour la construction de parcs éoliens en mer, acceptant de débourser 12,6 milliards d’euros, a annoncé mercredi 12 juillet le régulateur allemand.
Cela confirme « l’attractivité des investissements dans l’éolien en mer en Allemagne », dont il s’agissait des plus grandes enchères de ce type, s’est réjoui le président de l’Agence fédérale des réseaux, Klaus Müller, dans un communiqué.
L’appel d’offres concerne trois sites en mer du Nord et un autre en mer Baltique, pour une mise en service prévue en 2030, et une capacité totale de 7 gigawatts (GW), au moment où l’Allemagne, engagée dans un ambitieux plan de développement des énergies renouvelables, vise une capacité d’éoliennes offshore de 30 GW à l’horizon 2030. La première économie européenne a pour l’instant 8 GW d’éolien installé en mer. Ces concessions représentent à cet égard « une étape importante vers la réalisation de l’objectif », selon le régulateur allemand.
BP et TotalEnergies, qui vont débourser 12,6 milliards d’euros, se sont imposés parmi huit enchérisseurs. « La concurrence pour l’énergie éolienne offshore est plus forte que jamais », estime encore Klaus Müller.
Illustration de cette attractivité : plusieurs « offres à zéro centime » avaient été reçues pour les quatre sites, signifiant que des candidats à l’exploitation étaient prêts à prendre le risque de construire les installations sans garantie de l’Etat sur un prix de vente de leur production, et donc même s’ils ne peuvent tirer aucun revenu de l’électricité produite par le parc éolien.
3 millions de foyers
Pour les départager, un second tour d’enchères a été organisé, « non plafonnées et attribuées sur la base du prix uniquement », selon l’association WindEurope, qui a critiqué cette procédure.
Les sommes déboursées « signifient que les coûts devront être répercutés sur les consommateurs et sur la chaîne d’approvisionnement en énergie éolienne, qui est déjà en difficulté », a regretté l’association, qui représente l’industrie éolienne à Bruxelles.
Au contraire, l’Agence allemande des réseaux s’est félicitée de cette manne, assurant que 90 % des recettes seront utilisées pour réduire les coûts de l’électricité, le reste étant consacré à la conservation marine et à des mesures de pêche durable.
TotalEnergies, désigné attributaire de deux concessions maritimes, une en mer du Nord, l’autre en mer Baltique, a précisé dans un communiqué diffusé à Paris que « ces concessions auront une durée de vingt-cinq ans extensible à trente-cinq ans ».
« Ces deux parcs éoliens fourniront un volume d’électricité équivalent à la consommation de plus de 3 millions de foyers », assure le groupe français, qui « payera à l’Etat fédéral allemand 582 millions d’euros alloués à la conservation du milieu marin et à la promotion d’une pêche respectueuse de l’environnement ».
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« Une contribution annuelle destinée aux gestionnaires des réseaux de transport d’électricité en charge de la connexion des projets sera versée pendant vingt ans à partir de la mise en service des sites », ajoute-t-il, rappelant que « la production générée par ces sites sera commercialisée par TotalEnergies ».
Le gouvernement allemand du chancelier Olaf Scholz s’est engagé à produire 80 % d’électricité à partir de sources d’énergies renouvelables d’ici à 2030, tout en sortant progressivement du charbon après avoir renoncé au nucléaire, impliquant un calendrier ambitieux pour développer l’éolien et le solaire.