Une tonne d’algues vertes déversée devant la préfecture du Finistère pour dénoncer la pollution chronique des plages bretonnes

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Des militants de Greenpeace déversent des algues vertes devant la préfecture du Finistère, à Quimper, le 10 juillet 2023.  (Photo Fred TANNEAU/AFP)

Des militants de Greenpeace ont déversé, lundi 10 juillet, près d’une tonne d’algues vertes devant la préfecture du Finistère pour dénoncer la pollution chronique des plages bretonnes, a constaté un photographe de l’Agence France-Presse (AFP).

« Fermes-usines : ni ici ni ailleurs », proclamait une grande banderole jaune tendue au-dessus d’un tas d’algues vertes, devant la préfecture de Quimper. « Bretagne polluée : Etat coupable », pouvait-on lire sur une autre banderole portée par des militants en combinaison blanche, certains avec des masques à gaz.

De grandes photos d’élevages industriels, de fosses de lisier et de plages polluées ont été également accrochées sur les grilles de la préfecture, à côté d’un énorme cochon gonflable.

L’action, commencée dès 6 h 30, s’est terminée vers 11 h 30, sans incident ni interpellation, selon un correspondant de l’AFP. Les algues vertes ont été ramassées dans la matinée par les agents de la voirie.

« Responsabilité de l’Etat »

« L’objectif, c’était de dénoncer la responsabilité de l’Etat et des préfectures dans la prolifération des algues vertes, qui sont directement liées à l’essor des fermes-usines », a déclaré à l’AFP Sandy Olivar Calvo, chargée de campagne agriculture & alimentation à Greenpeace, citée dans un communiqué. « On demande un gel de la construction des fermes-usines et un moratoire sur l’extension des fermes-usines existantes. »

Dans un communiqué, le préfet du Finistère a condamné cette action et a annoncé le dépôt d’une plainte « pour obtenir réparation des éventuels dégâts pérennes », tout en reconnaissant que « les dégradations commises par affichage sont restées limitées ».

Greenpeace avait notamment affiché, sur une porte de la préfecture, une carte des quelque 3 000 « fermes-usines » en France (sur 145 000 exploitations spécialisées dans l’élevage), principalement de volailles et de porcs.

Selon un communiqué de l’association de défense de l’environnement, « près d’une ferme-usine sur deux est située en Bretagne et plus de 25 millions d’animaux peuvent être enfermés dans les 445 fermes-usines que compte le Finistère ».

Gaz potentiellement mortel

Présentes en mer à l’état naturel, les algues vertes prolifèrent dans les baies bretonnes, où elles sont nourries par des apports de lisier épandu par les agriculteurs dans les champs, et dont les excédents sont acheminés par les fleuves côtiers. Ces ulves, sans risque quand elles sont fraîches, émettent en se décomposant un gaz potentiellement mortel, l’hydrogène sulfuré (H2S).

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Par cette action à Quimper, Greenpeace entendait particulièrement dénoncer la validation contestée de l’agrandissement de la porcherie aux 12 000 cochons « Avel Vor », à Landunvez (Finistère). Un recours a été déposé pour annuler la régularisation par le préfet en novembre 2022 de cet agrandissement, pourtant retoqué à deux reprises par la justice administrative.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés En Bretagne, tensions autour d’un élevage géant de porcs

Le préfet a rappelé dans son communiqué que l’arrêté de régularisation du 8 novembre 2022 avait été pris à la suite des avis favorables du commissaire-enquêteur et du conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques.

Le Monde avec AFP

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