Pour son 92ᵉ congrès, la LDH appelle à se mobiliser contre l’extrême droite et à se lancer « dans la bataille politique »

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L’avocate Nathalie Tehio, candidate à la présidence de la Ligue des Droits de l’Homme, en juillet 2023.

Est-il possible de se réinventer lorsque l’on approche des 126 ans ? C’est, en tout cas, ce que veut faire la Ligue des droits de l’homme (LDH). Réunie à Bordeaux, de samedi 18 à lundi 20 mai, pour son 92e congrès, l’association de défense des droits et libertés fondamentales née pendant l’affaire Dreyfus à la fin du XIXe siècle entend bien jouer un rôle de premier plan d’ici à l’élection présidentielle de 2027. « C’est dans notre ligne de mire, reconnaît Nathalie Tehio, avocate et, pour l’instant, seule candidate à la présidence de la Ligue pour succéder à Patrick Baudouin. On ne veut pas toujours devoir faire barrage. Il faut réfléchir à la manière de faire advenir une autre politique. Nous voulons être une table commune et ouverte autour de laquelle s’agrègent les différentes forces syndicales, associatives et politiques. »

La LDH se porte plutôt bien. Elle a lancé plusieurs observatoires locaux des pratiques policières et, avec 12 000 adhérents revendiqués, connaît même une certaine croissance de ses effectifs : 4 000 nouvelles cartes ont été attribuées depuis un an. La raison ? A l’époque, la LDH était vertement critiquée par Elisabeth Borne, alors cheffe du gouvernement, et par son ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin.

L’association menait la bataille contre un maintien de l’ordre jugé violent à l’encontre du mouvement contre la réforme des retraites et surtout lors des manifestations contre les mégabassines à Sainte-Soline (Deux-Sèvres). Pour celle du 25 mars 2023, la LDH affirmait que les forces de l’ordre avaient empêché le SAMU d’intervenir, ce que M. Darmanin contestait. Pour lui, la subvention accordée par l’Etat à la LDH méritait « d’être regardée dans le cadre des actions qui ont pu être menées ». Quelques jours plus tard, Mme Borne disait « ne plus comprendre » certaines positions de la LDH et évoquait des « ambiguïtés face à l’islamisme radical ».

« Nécessaire convergence »

Cette opposition frontale avec le gouvernement dans un moment de fortes tensions sociales a eu pour effet de remettre la LDH sur le devant de la scène. L’idée est donc de profiter de ce nouvel état de fait et de jouer un rôle de pivot, autour d’« un socle commun de valeurs », entre toutes les forces du mouvement social, dans un moment où la gauche politique n’en finit plus de se diviser et de se jeter des anathèmes.

La Ligue doit tenir une ligne de crête compliquée : avoir un rôle plus politique tout en restant une association indépendante des partis. Pas question, pour autant, de devenir un parti ou d’en soutenir un. Pas si simple. D’ailleurs, si plusieurs syndicats (CGT, CFDT, Solidaires, Syndicat des avocats de France, Syndicat de la magistrature) et associations (par exemple la Cimade, Attac, Oxfam) sont invités au congrès de Bordeaux, les partis ne le sont pas. La LDH veille jalousement sur son indépendance.

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