En Ukraine, une si discrète présence militaire alliée

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Trois jours après les propos d’Emmanuel Macron, à l’issue d’une conférence sur le soutien à l’Ukraine convoquée à l’Elysée, dévoilant des réflexions en cours sur l’envoi de renforts militaires en Ukraine, les divisions demeurent fortes au sein des alliés sur ce sujet sensible. Après le tollé, Emmanuel Macron a assuré jeudi 29 février que chacun de ses mots était « pesé » et « mesuré ». Le fait que le chef de l’Etat prenne soin lundi de préciser que les discussions concernaient seulement l’envoi de troupes « de manière officielle, assumée et endossée », a aussi implicitement levé le voile sur la présence déjà effective d’un certain nombre de personnels occidentaux sur le sol ukrainien.

Les allers et retours en Ukraine de nombreux acteurs étatiques appartenant à la sphère des services de renseignement occidentaux, souvent avec un statut militaire, sont, depuis le début du conflit ukrainien, une évidence inhérente à la conduite de la guerre, qu’il s’agisse de personnels diplomatiques sous couverture, de « conseillers » insérés au sein des états-majors ukrainiens, ou de forces spéciales de tous types. « L’action de ces services est par nature clandestine donc en dehors du droit de la guerre », rappelle Vincent Crouzet, ancien collaborateur de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), reconverti dans l’écriture et le conseil.

La polémique de ce début de semaine a toutefois libéré la parole sur ce que d’aucuns considèrent comme un « secret de Polichinelle ». « Tous les Etats alliés sont présents en Ukraine. Il ne s’agit pas d’unités de combat, mais il y a par exemple des représentants de tous les services de renseignement », témoigne une source diplomatique ukrainienne, qui se félicite que le renforcement de la présence militaire alliée dans son pays soit « dans l’air » depuis le mois de décembre. « S’il y a des livraisons d’armes, il doit y avoir des gens qui donnent des informations pour utiliser les équipements sur place », observe-t-il encore : « L’Ukraine sert aussi de terrain d’essai de nouveaux matériels. Des drones sont ainsi testés sur place. Ce genre de professionnels sont sur le terrain, bien sûr. »

Douze bases secrètes de la CIA

Les plus transparents dans ce domaine, dans la foulée des déclarations d’Emmanuel Macron, ont été les Britanniques. « Au-delà du petit nombre de personnes que nous avons dans le pays pour soutenir les forces armées de l’Ukraine, nous n’avons aucun plan de déploiement à grande échelle », a ainsi déclaré à la presse, lundi, un porte-parole du premier ministre britannique, Rishi Sunak.

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