L’attractivité financière post-Brexit de Paris, un défi français et européen

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Trois ans après la sortie effective du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE), la place financière de Paris est devenue la « première place continentale post-Brexit », se félicitait le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, le 9 janvier. Mais ce succès n’est qu’une étape : la veille, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, avait annoncé son intention de présenter au printemps un projet de loi sur l’« attractivité financière » de la France pour, explique-t-on à Bercy, « consolider cette dynamique positive ». En clair, surfer sur la vague déclenchée par le Brexit pour attirer encore plus d’emplois, plus d’activités et surtout des flux d’investissement supplémentaires et pérennes.

Depuis 2021, la place de Paris a attiré plus de 5 500 emplois bancaires et financiers venus de Londres, et la majorité des grandes banques anglo-saxonnes ont choisi d’établir à Paris leurs activités de marché dans la zone euro. « Ce n’est pas spectaculaire par rapport à ce qu’est encore Londres, mais c’est spectaculaire par rapport à ce que fut Paris », résume Stéphane Boujnah, le directeur général de l’opérateur boursier Euronext.

La première conséquence tangible de ce mouvement est un renforcement du statut d’exportateur net de services financiers de la France : son excédent financier devrait avoir atteint près de 5 milliards d’euros en 2023, près du double de son niveau de 2019.

Face à Francfort, Dublin et Amsterdam, qui pouvaient revendiquer une bonne partie des transferts post-Brexit, Paris a bénéficié d’atouts solides : la densité de son réseau de transports, la qualité de son tissu éducatif et universitaire ou encore une concentration rare en Europe de centres de décision publics nationaux et internationaux (comme l’Agence bancaire européenne) et de sièges de grands groupes privés.

Le secteur financier met aussi en avant les réformes adoptées en France depuis 2015 pour améliorer l’image du pays et les conditions d’activité des entreprises, qu’il s’agisse d’allégements fiscaux, de simplification administrative ou d’assouplissements du code du travail. Sans oublier l’image rajeunie donnée depuis 2017 par un président de la République ouvertement probusiness, grand ordonnateur des sommets Choose France réunissant des patrons de multinationales à Versailles.

Renforcer le statut des « impatriés »

Pourtant, pour les promoteurs de l’attractivité française, il reste beaucoup à faire. « On a fait le plus évident ; aujourd’hui, on attaque le plus difficile, pour renforcer l’attractivité financière sur le long terme », prévient le député (Renaissance) des Yvelines Charles Rodwell, qui a remis en décembre 2023 au gouvernement un rapport sur l’attractivité industrielle, d’abord, mais aussi financière.

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