En Grèce, le prix du lait pour bébé, le plus cher d’Europe, fait scandale

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Le lait infantile en poudre en Grèce est vendu dans les supermarchés ou les pharmacies jusqu’à deux fois plus cher que dans les autres pays de l’Union européenne, a révélé une étude publiée début janvier par la commission grecque de la concurrence qui a comparé les prix de vente en novembre de plusieurs marques. Ainsi, un lait en poudre pour les nouveau-nés de moins de 6 mois de 800 grammes de la marque Nestlé est vendu 27 euros en Grèce contre 14 euros en France et 11 euros en Suède. Des produits tellement convoités que, dans certains supermarchés grecs, ils ont été équipés d’antivol depuis plus d’un an.

L’information n’est pas passée inaperçue en Grèce où les salaires restent encore peu élevés après une décennie de crise économique (2009-2018) et cela malgré la reprise. L’équivalent du smic ne dépasse pas les 780 euros brut. Jusqu’en 2011, le lait pour bébé n’était vendu qu’en pharmacie. Après l’ouverture du marché et la vente dans les supermarchés du produit, les autorités espéraient la baisse des prix. Mais, depuis la récession, la pandémie de Covid-19 et l’inflation sont passées par là. Rien qu’entre 2022 et 2024 les prix du lait infantile ont augmenté entre 14 % et 28 % selon la marque.

« Faire des enfants en Grèce est presque devenu un luxe ! Je dépense plus de 500 euros par mois pour la nourriture et le lait », explique Irini Chalari qui habite une banlieue d’Athènes. A cela s’ajoute le coût d’une crèche privée à 260 euros par mois faute de places dans le public et d’horaires adaptés aux parents qui travaillent. Avec un salaire de photographe free-lance variable et malgré l’emploi stable de son compagnon, la trentenaire a du mal à joindre les deux bouts : « Heureusement, ma mère m’aide, garde mon fils quand j’en ai besoin pour éviter de payer une babysitter en plus. Mais sans aide de la famille, c’est très difficile. »

Une « question de préservation nationale »

Le sujet est d’autant plus sensible en Grèce que la natalité est au plus bas. En 2022, 76 000 naissances ont été enregistrées dans le pays et la moitié des femmes n’allaitent pas. Le marché du lait pour bébé est donc petit, dominé par quatre multinationales qui vendent aux grandes surfaces plus cher que dans d’autres pays car ces dernières ne font pas de commandes groupées très importantes.

La fécondité est en Grèce de 1,43 enfant par femme, bien inférieure au seuil de renouvellement des générations (2,1 enfants par femme) et à la moyenne au sein de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui est de 1,58 enfant par femme. En 2020, pour la première fois depuis 1932, la population grecque a diminué. Selon les projections, la Grèce pourrait même ne compter que 9 millions d’habitants en 2050 contre 10,6 millions actuellement.

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