Affaire Jeffrey Epstein : la justice américaine dévoile des documents sans grande révélation

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Un juge new-yorkais a commencé à lever les scellés, le 3 janvier 2024, sur les identités de personnes liées par des documents judiciaires à Jeffrey Epstein (à gauche), le financier américain qui s’est suicidé en 2019. Ici avec la Britannique Ghislaine Maxwell.

Sur les réseaux sociaux, la complosphère, qui s’attendait à des révélations explosives, a été déçue. Les 950 pages de documents rendus publics le 3 janvier par la justice fédérale de New York sur l’affaire Epstein n’ont pas apporté de « smoking gun » (preuve irréfutable) détaillant les liens entre le financier poursuivi pour délits sexuels et les personnalités soupçonnées d’avoir profité de son réseau de mineures.

Intervenant trois ans et demi après la mort de Jeffrey Epstein, un « suicide apparent », dans sa cellule de prison de Manhattan, la publication de ces documents fait suite à une décision de la juge Loretta Preska, le 18 décembre 2023, de lever le secret entourant les noms – à deux exceptions près – d’une centaine de victimes, d’amis et d’associés du financier mentionnés dans les dépositions des témoins. Cela dans le cadre de la plainte en diffamation portée en 2015 par la principale accusatrice du délinquant sexuel, Virginia Roberts Giuffre, contre Ghislaine Maxwell, la partenaire de celui-ci. L’héritière du magnat britannique de la presse Robert Maxwell a été condamnée à vingt ans de prison en juin 2022 pour avoir recruté les mineures proposées aux « clients » du réseau.

La plupart des documents correspondent au témoignage de jeunes femmes victimes d’abus sexuels au fil d’une dizaine d’années, jusqu’à la mise en accusation de Jeffrey Epstein, en Floride, en 2008, pour avoir tenté de recruter une adolescente.

Lire aussi l’enquête : Article réservé à nos abonnés Jeffrey Epstein, itinéraire d’un prédateur sexuel

Sur Clinton ou Trump, peu d’éléments nouveaux

Les noms des personnalités ayant été en contact avec lui étaient déjà largement connus. Celui du prince Andrew, accusé par Virginia Roberts Giuffre de l’avoir forcée à des relations sexuelles, apparaît plusieurs dizaines de fois. L’ancien président Bill Clinton, qui a voyagé à plusieurs reprises à bord du jet privé d’Epstein, après avoir quitté la Maison Blanche, est également mentionné plusieurs dizaines de fois.

Parmi les documents figure la déposition de mai 2016 de Johanna Sjoberg, l’une des recrues de Jeffrey Epstein. Elle affirme avoir entendu celui-ci déclarer que Bill Clinton aime les femmes, de préférence « jeunes ». En 2019, l’ancien président a démenti avoir eu connaissance des « terribles crimes » du financier et avoir profité de son avion uniquement pour des raisons liées à sa fondation caritative. Mais son nom continue à alimenter les théories du complot, qui ont circulé et continuent à circuler sur un réseau de pédophilie qui aurait été utilisé par certains dignitaires démocrates.

Les pourfendeurs de Bill Clinton et de ses alliés démocrates, qui attendaient avec impatience la publication des documents, en sont donc pour leurs frais. Le quotidien conservateur New York Post avait même annoncé une « bombe » de révélations. Plusieurs des alliés de Donald Trump, dont son fils et Marjorie Taylor Greene, égérie du mouvement Make America Great Again, avaient par avance mis en garde contre toute tentative de couvrir les révélations attendues.

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