Européennes 2024 : Willy Schraen lance sa campagne au nom de la « ruralité heureuse » contre les « ayatollahs de l’écologie »

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Willy Schraen, à la tête de la Fédération nationale des chasseurs, lors de la présentation de sa liste Alliance rurale pour les élections européennes de 2024, à Paris, le 5 décembre 2023.

Un ancien troisième ligne du Stade toulousain (Louis Picamoles), une jeune « reine d’Arles », ambassadrice des traditions provençales et taurines (Camille Hoteman), le président de la Fédération des pêcheurs d’Ille-et-Vilaine (Jérémy Grandière), un vice-champion olympique de tir à l’arc (Jean-Charles Valladont)… A six mois des élections européennes, les premiers candidats de la liste Alliance rurale, dévoilés mardi 5 décembre à l’Ambassade d’Auvergne, un restaurant spécialiste de l’aligot à Paris, prétendent incarner « l’art de vivre à la française », selon leur chef de file Willy Schraen, à la tête de la puissante Fédération nationale des chasseurs (1 million d’adhérents).

Aucun gros poisson, cependant, dans les filets de celui qui rumine cette liste depuis des mois. Le chef multi-étoilé Pierre Gagnaire, qui se disait fin novembre partant, selon l’hebdomadaire Le Point, pour figurer en position non éligible sur la liste, n’y sera finalement pas, « par manque de temps », l’excuse Willy Schraen. Pas davantage que l’ancien coureur cycliste Bernard Hinault, dont le nom a également circulé.

S’ils tentent de rééditer le coup de la liste Chasse, pêche, nature et traditions de Jean Saint-Josse (qui avait obtenu 6,77 % des suffrages en 1999), les instigateurs de l’opération, parmi lesquels le lobbyiste Thierry Coste, veulent cette fois représenter « toutes les facettes de la ruralité », en dépit de l’identité de la tête de liste Willy Schraen, figure du monde de la chasse.

Des « élites déconnectées de la vraie vie »

« Notre combat n’est pas celui d’irréductibles Gaulois réfractaires », assure M. Schraen, qui vante « la pétanque et le barbecue, l’apéro et les cochonnailles ». Celui qui assume « un côté conservateur » mais refuse « l’extrémisme », défend une « ruralité heureuse », qui demande simplement « qu’on lui foute la paix ».

Refusant pour autant d’être classés parmi les « antieuropéens », M. Schraen et ses colistiers dénoncent des « élites déconnectées de la vraie vie » et les « technocrates ». L’Europe, ce « mastodonte administratif » qui produit des « normes qui nous étouffent » et « entrave les libertés individuelles », doit « se recentrer sur ses fondamentaux », préconise M. Schraen, reprenant ainsi la rhétorique des partis populistes et eurosceptiques.

Unis dans le rejet des « ayatollahs de l’écologie », selon la formule qu’ils emploient pour désigner les activistes écolos, y compris le parti Europe Ecologie-Les Verts, le chasseur et ses colistiers, qui ont « tous un peu de boue sur les pieds », se disent « amoureux de la nature » et « écologistes ».

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