Guerre Israël-Hamas : ce que l’on sait de l’accord conclu pour la libération d’otages

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Lors d’un rassemblement organisé dans l’attente des déclarations suivant les réunions du gouvernement israélien prévoyant la libération des otages aux mains du Hamas, à Tel-Aviv, le 21 novembre 2023.

Après quarante-six jours de combats et de bombardements d’une intensité inédite, le gouvernement israélien et le Hamas ont conclu un accord prévoyant la libération de 50 otages détenus par le mouvement islamiste dans la bande de Gaza en échange de prisonniers palestiniens, d’une trêve de quatre jours et de l’acheminement d’aide humanitaire dans l’enclave.

Selon les autorités israéliennes, le Hamas a enlevé environ 240 personnes lors de l’attaque du 7 octobre dans le sud d’Israël, qui a fait 1 200 morts et provoqué une violente riposte de l’armée israélienne à Gaza.

Libération de cinquante femmes et enfants et trêve de quatre jours à Gaza

Au terme de plusieurs réunions de crise, mardi soir, les services du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, ont annoncé que cinquante femmes et enfants seraient libérés sur quatre jours au cours desquels les combats seront interrompus. Pour chaque dizaine d’otages supplémentaires qui seront libérés, la trêve sera prolongée d’un jour, précisent-ils dans un communiqué.

« Le gouvernement israélien s’est engagé à ramener tous les otages chez eux. Ce soir, il a approuvé l’accord proposé comme une première étape pour atteindre cet objectif », ajoutent les services du premier ministre.

Le Hamas a, de son côté, annoncé que les cinquante otages seraient relâchés en échange de la libération de 150 femmes et enfants palestiniens détenus en Israël. Le ministère de la justice israélien a publié mercredi matin une liste de 300 Palestiniens susceptibles d’être libérés en échange d’otages, dont 150 lors de la phase initiale de l’accord conclu avec le Hamas.

Pas de libération avant jeudi, selon la presse

Les premiers otages ne devraient pas être libérés avant jeudi, la mise en œuvre de l’accord ne pouvant avoir lieu qu’après vingt-quatre heures pour laisser le temps aux citoyens israéliens qui le souhaiteraient de saisir la Cour suprême pour tenter d’empêcher la libération de certains détenus palestiniens, selon les médias israéliens.

Le début de la trêve devrait être formellement annoncé « dans les vingt-quatre prochaines heures », a fait savoir le Qatar, médiateur de l’accord avec les Etats-Unis et l’Egypte. Selon le Hamas, il prévoit également le passage de plusieurs centaines de camions d’aide humanitaire et médicale ainsi que du carburant dans la bande de Gaza.

Israël s’est engagé à ne pas mener d’attaques et à ne procéder à aucune arrestation dans l’enclave durant la trêve, a ajouté le mouvement islamiste.

« L’accord devrait ramener des otages américains supplémentaires à la maison et je ne m’arrêterai pas tant qu’ils ne seront pas tous libérés », dit le président américain, Joe Biden, dans un communiqué.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés A Tel-Aviv, l’insupportable attente des familles d’otages

Trois Américains sur la liste des otages libérables

Trois Américains, parmi lesquels figure une fillette de 3 ans dont les parents ont été tués le 7 octobre, devraient faire partie des otages qui seront libérés, d’après un membre de l’administration américaine. Plus de la moitié des détenus aux mains du Hamas ont la double nationalité d’une quarantaine de pays, dont la France.

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La ministre des affaires étrangères, Catherine Colonna, a « espéré », mercredi matin sur France Inter, que des Français fassent partie des personnes libérées, tout en appelant à la prudence. « Il faut que chacune des parties tienne sa part du contrat », a-t-elle insisté.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est également félicitée de la conclusion de l’accord et a souhaité qu’il permette « un sursaut humanitaire » à Gaza. La Russie a également fait part de sa satisfaction.

Selon le gouvernement de la bande de Gaza dirigé par le Hamas, plus de 13 000 Palestiniens ont été tués dans les bombardements israéliens depuis le 7 octobre, qui ont entraîné le déplacement des deux tiers des 2,3 millions d’habitants, d’après les agences de l’ONU.

L’objectif reste d’éradiquer le Hamas, rappelle Benyamin Nétanyahou

Benyamin Nétanyahou a assuré que l’objectif d’« éradiquer » le Hamas n’avait pas changé. « Nous sommes en guerre et nous continuerons d’être en guerre tant que nous n’aurons pas atteint tous nos objectifs. Détruire le Hamas, [assurer] le retour de tous nos otages et faire en sorte qu’aucune entité à Gaza ne puisse menacer Israël », dit le chef du gouvernement dans un message diffusé au début de la réunion du gouvernement israélien, au cours de laquelle l’accord a été validé.

« Alors que nous annonçons un accord de trêve, nous affirmons que nos doigts restent sur la détente et que nos combattants victorieux resteront vigilants pour défendre notre peuple et vaincre l’occupant », a quant à lui averti le Hamas.

D’après Mohamed Al-Khoulaifi, négociateur en chef du Qatar, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) doit contribuer à la libération des otages. Durant la trêve, a-t-il promis, il n’y aura « aucune attaque d’aucune sorte. Aucun mouvement militaire, aucune progression, rien. Ce sera une période intense durant laquelle nous serons en communication directe vingt-quatre heures sur vingt-quatre avec le CICR et les deux parties afin d’assurer la bonne marche de la libération des otages », a-t-il poursuivi, souhaitant que cet accord ouvre la voie à un cessez-le-feu permanent. « C’est notre intention », a ajouté le diplomate.

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s’est, lui aussi, félicité de la conclusion de l’accord et a appelé à une « résolution globale des crises avec Israël ».

Lire aussi le récit : Article réservé à nos abonnés L’errance des habitants de Gaza dans leur ville transformée en champ de ruines

Le Monde avec AFP

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