A Tel-Aviv, l’insupportable attente des familles d’otages

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Hadas Kalderon, dont trois membres de la famille sont otages, lors d'une manifestation en attente d'une décision du gouvernement israélien quant aux négocations pour une libération d'otages et une trêve, à Tel Aviv, Israel, le 21 novembre 2023.

Elle est là, seule, sur un fauteuil en plastique, l’air hébété. Il est 23 h 30, mardi 21 novembre, et Hadas Kalderon vient d’apprendre qu’elle ne saura pas ce soir si ses deux enfants kidnappés par le Hamas, le 7 octobre, lui seront rendus. Encore moins quand. Sahar a 16 ans, Erez en a 12, ils ont été enlevés avec leur père, Ofer, son ex-mari, dans le kibboutz de Nir Oz, près de la bande de Gaza. Toute la journée, leur mère a attendu là, dans un campement improvisé au pied de la Kirya, le siège du commandement militaire à Tel-Aviv.

En fin d’après-midi, contrairement aux jours précédents, elle n’a pas repris le chemin de l’appartement mis à sa disposition depuis qu’elle a été évacuée de Nir Oz, où sa maison a brûlé. Hadas a choisi de rester sur place, suspendue aux nouvelles, pendant qu’une réunion consacrée au sort des otages se tenait juste au-dessus de sa tête, dans les locaux de la Kirya. De toutes ses forces, elle espérait pouvoir s’endormir cette nuit avec la garantie que les négociations en cours auraient enfin abouti.

Sous ses yeux, de part et d’autre de l’immense avenue Menahem-Begin, un simulacre de bataille rangée s’est développé en cours de soirée, comme une représentation miniature de la guerre dans la guerre qui se développe en Israël autour de la question des otages : pancartes contre pancartes, insultes contre insultes et haut-parleurs à plein volume, des manifestants se sont affrontés sans jamais se rejoindre, sous la surveillance de la police.

D’un côté, celui de Hadas Kalderon, une foule un peu maigre de représentants des familles et de sympathisants venus exiger la libération des personnes kidnappées « maintenant ». Ce mot, martelé plusieurs fois de suite à pleins poumons, rythme toutes les manifestations en faveur des otages. Pour eux, pas de doute : le gouvernement doit conclure un accord avec le Hamas, fût-ce au prix d’un cessez-le-feu provisoire et d’un échange avec des Palestiniens détenus en Israël. Quitte à ce qu’une partie seulement des captifs de Gaza, les enfants et certaines femmes, soient relâchés dans un premier temps. Beaucoup de familles ne sont pas sur place, sans doute celles dont, a priori, les proches ne seraient pas concernés par cet accord.

Des proches des otages sont en attente de la décision du gouvernement israélien quant aux négocations pour une libération d'otages et une trêve, à Tel Aviv, Israel, le 21 novembre 2023.
Des oursons en peluche disposés sur la « place des otages », à Tel Aviv, Israel, le 21 novembre 2023.

« Je voudrais disparaître »

De l’autre, un rassemblement plus maigre encore, mais extrêmement offensif, brandissant des écriteaux réclamant « Vengeance pour Israël ». Certains sont armés de fusils d’assaut M16, comme en portent les nationalistes qui peuplent les colonies de Cisjordanie. Tous refusent les échanges de prisonniers, dans la droite ligne des responsables du parti d’extrême droite Otzma Yehudit (« puissance juive ») dont le dirigeant, Itamar Ben Gvir, est ministre de la sécurité nationale du gouvernement de Benyamin Nétanyahou. Sur leurs panneaux, on peut aussi lire « Ne vous arrêtez pas », autrement dit, ne cessez pas la guerre contre le Hamas.

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