Israël-Palestine : du mandat britannique aux accords d’Oslo, l’échec de la solution à deux Etats en cartes

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Longtemps, elle fut considérée comme la seule issue au conflit israélo-palestinien, avant d’être réduite à une formule diplomatique résonnant dans le vide. Mais l’attaque du Hamas contre Israël, le 7 octobre, qui a ramené la question palestinienne au premier plan de la scène internationale, a ressuscité avec elle le concept de solution à deux Etats.

Du président américain, Joe Biden, au chef de l’Etat français, Emmanuel Macron, plusieurs dirigeants politiques ont récemment rappelé leur attachement à la création d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël. Le seul moyen, assurent-ils, de stabiliser la région et de permettre, à terme, à l’Etat hébreu de vivre en sécurité. Mais ces déclarations politiques ont de quoi surprendre, tant le principe des deux Etats pour deux peuples semble aujourd’hui en contradiction avec la réalité du terrain.

Les initiatives, réalistes ou quelque peu utopistes, n’ont pourtant pas manqué pour faire coexister un Etat palestinien aux côtés d’Israël. Retour en cartes sur un siècle de tentatives avortées.

1937 : une première proposition de partition

Au sortir de la première guerre mondiale, la Palestine est placée, en 1922, sous mandat britannique avec l’objectif de mettre en œuvre la déclaration Balfour (1917) en faveur de l’établissement d’un « foyer national pour le peuple juif ». Mais la population arabe – plus de 80 % des habitants – revendique son indépendance et s’oppose aux autorités britanniques et à l’immigration juive, qui s’accélère en même temps que les persécutions nazies en Europe. De nombreuses émeutes éclatent et conduisent à un important soulèvement : la révolte arabe de 1936-1939.

Palestine sous mandat britannique (1920-1948)


ÉGYPTE LIBAN SYRIE Tel-Aviv Lod Ramallah Naplouse Ofra Mer Morte Mer Rouge Mer Méditerranée TRANSJORDANIE Désert du Néguev Jourdain Jérusalem Jérusalem Jérusalem Ofra Ofra Ofra Hébron Hébron Hébron Gaza Gaza Gaza Netanya Netanya Netanya Jaffa Jaffa Jaffa Haïfa Haïfa Haïfa Acre Acre Acre Jenine Jenine Jenine Naplouse Naplouse Naplouse Nazareth Nazareth Nazareth Tibériade Tibériade Tibériade Ramallah Ramallah Ramallah Jéricho Jéricho Jéricho Beer-Sheva Beer-Sheva Beer-Sheva Jérusalem Ofra Hébron Gaza Netanya Jaffa Haïfa Acre Jenine Naplouse Nazareth Tibériade Ramallah Jéricho Beer-Sheva 25 50 km 0

Pour comprendre l’origine des troubles, les autorités britanniques montent, en 1937, une commission royale pour la Palestine, dite « commission Peel ». Prenant acte des tensions croissantes, elle conclut que les populations arabes et juives ne peuvent vivre ensemble, et préconise une partition de la Palestine en deux entités :

  • un tiers de la Palestine à l’Etat juif qui, depuis la Galilée, longerait la côte méditerranéenne jusqu’à Jaffa et Tel-Aviv ;
  • un Etat arabe lié au royaume hachémite de Transjordanie, comprenant la Cisjordanie, la région du Néguev et le littoral de Gaza.

Le plan de partition prévoit également de maintenir un contrôle britannique sur Jérusalem, Bethléem et Nazareth, ainsi que sur un corridor s’étendant jusqu’à la côte méditerranéenne.

Pour étudier la faisabilité de ce plan, le gouvernement britannique dépêche, en 1938, une nouvelle commission, dite « Woodhead ». Mais celle-ci juge le plan inapplicable, arguant qu’il pourrait contraindre à des déplacements massifs de population. D’autres partitions sont envisagées, dont :

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