Sur la réautorisation du glyphosate, la position fluctuante de la France

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Des militants agricoles, membres des « faucheurs volontaires », dans un magasin du groupe agricole Arterris, à Carcassonne (Aude), le 9 novembre 2023.

La France a choisi de ne pas choisir. En s’abstenant, jeudi 16 novembre, lors d’un vote crucial des 27 Etats membres de l’Union européenne sur la réautorisation du glyphosate, elle a laissé les mains libres à la Commission européenne pour trancher et prolonger de dix ans l’herbicide controversé. Une abstention qui a suscité une vague d’incompréhension chez les organisations non gouvernementales ou chez les élus qui réclamaient l’interdiction du pesticide, classé « cancérogène probable » depuis 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer.

« Alors que plus de 626 000 citoyens réunis autour de plus de 30 organisations de la société civile demandaient à la France de s’y opposer clairement, cette position est une trahison », ont dénoncé les associations Foodwatch et Générations futures, à l’initiative d’une pétition. « L’histoire retiendra qu’après la promesse d’interdire le glyphosate en trois ans en 2017, en 2023, Emmanuel Macron décide de l’abstention de la France sur la prolongation de ce poison jusqu’en 2033 », a tonné sur le réseau social X la députée écologiste Delphine Batho, déplorant les « ambiguïtés » de la France sur le glyphosate : « Soit on est pour, soit on est contre. »

Après s’être abstenu lors du premier vote, le 15 octobre, le ministre de l’agriculture, Marc Fesneau, avait prévenu que la France ne changerait pas son vote jeudi. Les motivations de cette abstention sont en revanche fluctuantes. Quelques jours avant le premier vote, on expliquait au cabinet du ministre que la France était « contre » la proposition de renouvellement de dix ans de la Commission et que le gouvernement préférait une période de réautorisation plus courte, pas au-delà de sept ans. Dans le même temps, la secrétaire d’Etat à la biodiversité, Sarah El Haïry, estimait que laisser passer la proposition de Bruxelles serait une « hérésie ».

« Erreur monumentale »

« Concernant le glyphosate, la position française est claire, assure-t-on dans l’entourage du ministre après le vote de jeudi. La France n’est pas contre le principe du renouvellement de la molécule, mais veut réduire rapidement son usage et encadrer son utilisation pour en limiter les impacts et le remplacer par d’autres solutions chaque fois que c’est possible. »

Illustration du fameux « en même temps » macronien, Paris dit défendre une « approche française », que l’on peut résumer ainsi : organiser la sortie progressive du glyphosate par la recherche d’alternatives pour ne laisser aucun agriculteur sans solution.

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