Guerre Israël-Hamas : en Suisse, Emmanuel Macron tente de s’expliquer sur ses positions dans ce conflit

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Manifestation contre la visite d’Emmanuel Macron et d’Alain Berset à l’université de Lausanne, en Suisse, le 16 novembre 2023.

« Israël assassin », « Macron complice, démission », ont crié une poignée de militants à l’arrivée du chef de l’Etat à l’université de Lausanne, jeudi 16 novembre. Le président de la République, arrivé la veille, a croisé de très loin, sans vraiment les voir, les quelque 200 manifestants propalestiniens surveillés de près par les forces de l’ordre sur le campus, situé à quelques encablures du lac Léman.

Emmanuel Macron avait été invité pour une rencontre-débat avec les étudiants, en compagnie du président du Conseil fédéral suisse, Alain Berset. La venue des deux hommes avait suscité ces derniers jours d’intenses débats au sein de l’établissement, dans le contexte de la guerre entre Israël et le Hamas. Ni drapeaux ni banderoles n’avaient été autorisés, les centaines d’étudiants présents dans l’immense salle étant fouillés minutieusement avant la séance afin d’éviter le moindre incident.

Le président venait de visiter les archives de Jean Monnet, hébergées par l’université depuis la mort de ce père fondateur de l’Europe communautaire, celle du « charbon et de l’acier ». Devant les étudiants, il en a appelé à « l’unité » du continent européen. Une façon, dans son esprit, d’inciter la Suisse à reprendre le chemin d’une plus grande coopération avec les Vingt-Sept, après des années de blocage dans les négociations avec la Commission de Bruxelles.

Une manière aussi de répondre aux multiples défis géopolitiques du moment, la guerre en Ukraine, bien sûr, mais aussi le conflit israélo-palestinien, que les Européens appréhendent en ordre dispersé depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre. « Face à tous les risques, d’écartèlement, de retour au nationalisme, l’Europe est la réponse, affirme-t-il. Et donc nous avons, au fond plus encore qu’avant le retour de la guerre sur notre sol, un besoin d’unité. »

« Pas de double standard »

Les combats dans la bande de Gaza, qui se prolongent depuis plus de cinq semaines, n’ont pas tardé à s’inviter dans le jeu des questions-réponses, après les discours officiels. « Quel rôle pour l’Europe ?  », a demandé un étudiant au chef de l’Etat, dans une question postée en ligne, précisant qu’il avait « beaucoup de mal à comprendre [son] positionnement ».

Applaudie par la salle, la question a donné l’occasion au président de tenter de clarifier son positionnement, sur un ton plus apaisé que la veille face à la presse. « Nous avons apporté notre soutien à Israël et réaffirmé son droit à se défendre », a-t-il précisé d’emblée. Et d’ajouter, alors que les combats dans l’hôpital Al-Shifa de Gaza se poursuivent : « Ça ne peut être la guerre totale, sans règles. » « Le droit d’Israël à se défendre ne justifie pas de bombarder des civils et d’avoir des enfants, des familles qui sont tués dans ces bombardements », a-t-il répété.

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