Europe spatiale : « Toutes les questions n’ont pas été réglées au sommet de Séville »

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Juste avant le sommet européen de l’espace, qui s’est tenu les 6 et 7 novembre à Séville, les observateurs du spatial étaient fébriles. Au terme de cette réunion, nous pouvons toujours l’être, mais avec un certain soulagement tout de même. Négocié au forceps diplomatique, un accord a été trouvé entre l’Italie, la France et l’Allemagne quant au financement d’Ariane-6, le lanceur européen dont la conception a été initiée voilà près de dix ans et qui n’a toujours pas décollé.

Un retard à l’allumage plus que fâcheux, alors que l’Europe ne dispose plus d’aucun accès autonome à l’espace depuis la mise à la retraite prématurée d’Ariane-5, le départ de Soyouz et des ingénieurs russes du territoire européen à la suite de l’invasion de l’Ukraine, et les défaillances techniques de Vega-C. Dans le même, temps, aucun des lanceurs orbitaux des nouveaux acteurs européens du spatial n’est vraiment opérationnel. Sans le secours de SpaceX, l’Europe spatiale serait complètement clouée au sol.

Pourtant, il faut croire que cette perte temporaire d’accès à l’espace a rappelé aux Etats européens toute l’importance que revêtaient aujourd’hui les technologies, les services et les applications spatiales, tant pour la sécurité et la défense que l’économie, l’environnement ou la recherche scientifique. Avec cet accord sur les lanceurs, l’histoire spatiale européenne peut continuer, du moins en partie. Car toutes les questions n’ont pas été réglées à Séville : l’Europe spatiale – tant les Etats membres que l’Agence spatiale européenne et la Commission de Bruxelles – doit se poser la question de son positionnement, de son identité, voire de sa survie.

Une vision politique et stratégique globale

Les débats du sommet européen se concentraient essentiellement sur l’économie et la politique industrielle. C’est vrai, le spatial européen repose sur une industrie de haut niveau, peuplée d’acteurs établis et émergents. Les questions économiques qui doivent être posées à l’Europe spatiale sont légion : application des règles du retour géographique, partage des coûts, compétitivité des services, résilience et sécurité des chaînes d’approvisionnement en matières premières, composants et technologies critiques, concurrence entre secteurs nationaux et avec d’autres parties du globe, etc.

Mais la transformation du modèle économique spatial européen, que de nombreux acteurs appellent de leurs vœux, ne pourra arriver qu’à condition de comprendre que le spatial ne se résume pas aux seules politiques industrielles et aux seules questions économiques : celles-ci doivent être soutenues par une vision politique et stratégique globale, claire et assumée, qui permettra de développer un écosystème spatial européen sain, performant et prospère, au bénéfice de l’accès européen à l’espace, mais aussi de tous les acteurs qui en dépendent directement ou indirectement.

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