En Allemagne, le groupe Die Linke disparaît du Parlement

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Dietmar Bartsch, chef du groupe parlementaire de Die Linke, lors d’une conférence de presse  à Berlin, mardi 14 novembre 2023.

Une page se tourne au Bundestag. Créé au lendemain des élections législatives de 2005, le groupe de gauche Die Linke n’existera plus à partir du 6 décembre, a annoncé son président, Dietmar Bartsch, mardi 14 novembre. Un tel événement est rarissime : depuis 1960, c’est la première fois que le Parlement allemand perd un de ses groupes en cours de législature.

Signe de la crise profonde que traverse la gauche radicale outre-Rhin, cette dissolution est la conséquence d’une scission : celle qu’a menée Sahra Wagenknecht, ancienne présidente du groupe parlementaire (2015-2019), qui a annoncé, le 23 octobre, son intention de fonder un nouveau parti, entraînant avec elle neuf de ses collègues. Avec leur départ, Die Linke ne compte plus que vingt-huit députés, ce qui est insuffisant pour conserver un groupe. Pour en constituer un, il faut en effet au moins 5 % des membres du Bundestag, ce qui place la barre à trente-sept dans l’assemblée actuelle.

Privé de groupe, Die Linke va perdre en influence et en visibilité. Ses députés n’auront plus d’espace réservé à l’extrémité gauche de l’hémicycle. Ils ne siégeront plus dans les commissions permanentes, ne pourront plus déposer de propositions de loi ou de résolutions et n’auront plus la possibilité d’adresser des questions écrites au gouvernement, ni de réclamer la tenue de débats sur des sujets d’actualité. Sur le plan matériel aussi, le coup est dur pour le parti, qui ne touchera plus la dotation dont bénéficient les groupes parlementaires. Pour Die Linke, celle-ci s’élevait à 11,5 millions d’euros en 2022, principalement utilisés pour rémunérer une centaine de collaborateurs. Plus de la moitié d’entre eux pourraient perdre leur emploi.

Déroutes électorales

Né de la fusion entre le PDS, héritier du parti au pouvoir en Allemagne de l’Est de 1949 à 1990, et le WASG, une alliance hétéroclite de sociaux-démocrates de gauche, de néo-marxistes et d’altermondialistes, Die Linke a accumulé les revers ces dernières années. Fondé en 2007, deux ans après la constitution du groupe parlementaire, le parti a obtenu son meilleur résultat aux législatives en 2009 (11,9 %). Un peu au-dessous de 10 % en 2013 et 2017, il s’est effondré en 2021 (4,9 %).

Depuis, il enregistre des scores calamiteux à chaque scrutin régional. Ce fut notamment le cas dans la Sarre. Fief d’un des fondateurs de Die Linke – l’ancien ministre social-démocrate des finances, Oskar Lafontaine (1998-1999) –, ce Land est le seul où le parti était véritablement implanté dans l’ouest de l’Allemagne : en 2022, il n’a recueilli que 2,6 % des voix (contre 12,8 % cinq ans plus tôt).

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