Ce que l’on sait de la situation des hôpitaux à Gaza

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Dans l’hôpital Al-Shifa à Gaza, le 10 novembre 2023.

Depuis vendredi, l’étau se resserre autour des hôpitaux, principalement dans la ville de Gaza, au cœur des combats. L’armée israélienne assure qu’ils sont utilisés par le Hamas comme des « quartiers généraux », ou pour détenir des otages. Les hôpitaux, qui accueillent de nombreux patients, ainsi que des réfugiés, sont désormais privés d’électricité, faute de carburant nécessaire au fonctionnement des générateurs. Le vice-ministre de la santé de la bande de Gaza, dirigée par le Hamas, a également affirmé, lundi 13 novembre, que « tous les hôpitaux de la province de Gaza », le nord de la bande de Gaza, où les combats ont lieu entre l’armée israélienne et les combattants du Hamas, étaient « hors service ».

A l’hôpital Al-Shifa

Au cœur de la ville de Gaza, c’est le principal hôpital de l’enclave. Selon l’Organisation des Nations unies (ONU), ses environs sont depuis quelques jours le théâtre de violents affrontements entre le Hamas et l’armée israélienne. D’après un journaliste de la BBC en contact avec une personne à l’intérieur de l’hôpital, ce dernier est encerclé par des chars israéliens.

Cité lundi par l’agence de presse Associated Press, le directeur des hôpitaux de Gaza, Mohammed Zaqout, avance que plus de 650 patients sont sévèrement blessés et soignés par 500 personnes membres du personnel soignant. M. Zaqout estime, par ailleurs, que 2 500 personnes ont trouvé refuge dans les hôpitaux de l’enclave.

Selon un chirurgien membre de Médecins sans frontières présent dans l’établissement, la situation y est « inhumaine ». « Il n’y a pas de nourriture », déplore-t-il. « L’équipe médicale a accepté de quitter l’hôpital que si les patients sont évacués au préalable », poursuit-il, évoquant « beaucoup de cadavres » devant l’une des entrées de l’hôpital.

Des images obtenues par l’agence de presse Reuters montraient lundi des nouveau-nés présentés comme des prématurés et rassemblés sur un lit d’hôpital après avoir dû être sortis de leurs couveuses.

Au moins « 179 corps » ont été enterrés mardi dans une « fosse commune » creusée dans le complexe de l’hôpital Al-Shifa, a annoncé son directeur à l’Agence France Presse mardi. « Il y a des corps qui jonchent les allées du complexe hospitalier, et les chambres frigorifiées des morgues ne sont plus alimentées » en électricité car aucune goutte de carburant n’est entrée dans la bande de Gaza depuis le début de la guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, le 7 octobre, a-t-il ajouté.

Dimanche, l’armée israélienne avait cependant affirmé dimanche dans un communiqué assorti d’une vidéo avoir livré 300 litres de carburant à l’hôpital Al-Shifa et accusé le Hamas d’avoir empêché le personnel d’en prendre livraison. Dans un rapport publié lundi, l’armée israélienne estime que le bâtiment, notamment son sous-sol, abrite un des « quartiers généraux » du Hamas. Dans la nuit de lundi à mardi, l’armée israélienne a annoncé dans un communiqué qu’elle proposait de transférer à l’hôpital du matériel médical.

« Les terroristes dans les caves d’Al-Shifa ce soir peuvent entendre le bruit de tonnerre de nos tanks et de nos bulldozers », lançait vendredi le ministre de la défense, Yoav Gallant, après une journée d’intenses bombardements autour des hôpitaux.

Vue satellite de l’hôpital Al-Shifa, à Gaza, le 11 novembre 2023.

A l’hôpital Al-Qods

Cet hôpital est l’autre grand établissement de santé de Gaza. Il est situé dans le quartier de Tel Al-Hawa, dans le sud de la ville. Il est notamment géré par le Croissant-Rouge palestinien, affilié au Mouvement international de la Croix-Rouge.

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L’armée israélienne a affirmé lundi avoir tué une vingtaine de « terroristes » qui s’étaient mêlés à des civils près de l’entrée de l’établissement. « Les soldats ont identifié parmi les civils une escouade terroriste équipée de deux lance-roquettes. A la suite des tirs effectués par les terroristes, un char a été endommagé », décrit-elle sur la messagerie Telegram.

L’hôpital a lui aussi cessé de fonctionner dimanche en raison d’un manque de carburant et d’électricité, selon le Croissant-Rouge palestinien. Il accueille 500 patients et plus de 14 000 personnes déplacées, selon le Croissant-Rouge palestinien.

Lundi, un convoi médical chargé d’évacuer des patients de cet établissement a dû rebrousser chemin, selon le Croissant-Rouge palestinien. Ce dernier avait annoncé sur X dimanche la mise « hors service » de l’hôpital en raison de « l’épuisement du carburant disponible et des coupures de courant ».

A l’hôpital Al-Rantissi

Cet hôpital, spécialisé dans les soins pédiatriques, se trouve dans le nord de la ville de Gaza. Il a été évacué vendredi, selon la BBC.

L’armée israélienne a affirmé lundi soir sur Telegram, avoir des « indices » montrant que les combattants du Hamas ont détenu des otages enlevés le 7 octobre dans cet hôpital.

Sous l’hôpital Al-Rantissi, dans le nord de l’enclave, l’armée israélienne a rassemblé des objets « qui font penser que le Hamas détenait des otages ici », a dit sur X (anciennement Twitter) le porte-parole de l’armée, Daniel Hagari, vidéo à l’appui. « Nous avons trouvé des preuves que les terroristes du Hamas sont revenus (…) dans cet hôpital » après l’attaque du 7 octobre, a ajouté le porte-parole.

L’armée israélienne a également dit avoir mis au jour « une infrastructure du Hamas dans le sous-sol » de l’hôpital Al-Rantissi. Parmi les armes trouvées figurent notamment « des ceintures explosives, des grenades, des fusils d’assaut AK47, des engins explosifs, des lance-roquettes », a énuméré M. Hagari.

L’hôpital Al-Alhi

Le 17 octobre, une explosion frappe le site de l’hôpital Al-Ahli, faisant un nombre de victimes encore incertain à ce jour. Selon notre analyse des images, publiée le 3 novembre, la trajectoire et la vitesse d’une salve de roquettes palestiniennes sont techniquement compatibles avec l’explosion à l’hôpital.

Selon le docteur Ghassan Abu Sittah, cité par la BBC, l’hôpital n’a pas les ressources pour faire face à l’afflux de patients. « Nous sommes à court de médicament et nous devons pratiquer des actes extrêmement douloureux sans antidouleur, ni anesthésie. »

« Le Croissant-Rouge palestinien a installé un hôpital de campagne au sous-sol. C’est là que nous travaillons », rapportait le chirurgien Ghassan Abu Sitta, joint par Le Monde samedi soir.

La clinique suédoise et l’hôpital Al-Mahdi

Selon l’ONU, cette clinique aurait été détruite dans la journée du 11 novembre, lors du bombardement du camp d’Ash Shati. Aucun bilan n’a pu être établi. L’hôpital Al-Mahdi a, quant à lui, été bombardé dans la nuit du 11 au 12 novembre, tuant deux médecins et en blessant d’autres, selon la même source.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés A Gaza, les hôpitaux sombrent au cœur du champ de bataille

Le Monde avec AP et AFP


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