Le banquet fantôme de Tel-Aviv, symbole de la douloureuse attente des familles des otages du Hamas

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La table dressée sur le parvis du Musée d’art de Tel-Aviv pour symboliser l’absence des 240 otages toujours aux mains du Hamas à Gaza, le 6 novembre 2023.

Le couvert est toujours mis, sur le parvis du Musée d’art de Tel-Aviv, mais les chaises prévues pour les convives demeurent désespérément vides. La longue table avait été installée le 20 octobre, en plein cœur de la ville, à quelques pas du quartier général de l’armée, comme une façon de matérialiser l’attente des 240 otages retenus à Gaza par le Hamas. Destiné à rappeler, jour après jour, l’absence pesante des hommes, des femmes et des enfants enlevés le 7 octobre, ce banquet fantôme est devenu le centre d’une intense activité. Soir après soir, des centaines d’anonymes passent ici afin d’être ensemble, de manifester leur solidarité. Photos, fleurs, installations artistiques, bougies, ventes de tee-shirts au bénéfice des familles, la place grouille aujourd’hui de gens qui discutent, chantent et, de plus en plus, expriment leur colère.

Depuis une dizaine de jours, des familles se relaient pour dormir sous des tentes installées sur la place. Alors qu’en coulisses les tractations pour obtenir de nouvelles libérations s’intensifient entre Israël, les Etats-Unis et le Qatar, principal intermédiaire avec le Hamas, l’objectif des proches des otages est d’accentuer la pression sur leur gouvernement. La mairie de Tel-Aviv a mis à leur disposition une grande salle de la bibliothèque municipale adjacente, Beit Ariela, où ils peuvent se doucher et se restaurer. A leurs côtés, un bataillon de bénévoles se démultiplie pour leur fournir l’aide nécessaire, sous la houlette de l’association Bring Them Home Now (« ramenez-les à la maison maintenant »). Y compris en allant les chercher et en les raccompagnant là où ils habitent, sur tout le territoire d’Israël, comme l’explique Noa Itzhak, responsable de la prise en charge des familles. Le maire travailliste de la ville, Ron Huldai, passe plusieurs fois par semaine pour exprimer son soutien.

Mais, le temps passant, l’atmosphère change. Au chagrin des débuts succède une forme de rage. Déjà, le 6 novembre, des centaines de membres des familles ont crié leur exaspération à Jérusalem, devant la Knesset, le Parlement d’Israël. Une semaine plus tard, lundi 13 novembre, des proches de victimes exprimaient leur désespoir au micro, à plein volume. « S’asseoir et chanter tranquillement ne suffit plus : il faut faire du bruit », souligne Shaï Wenkert, père d’Omer, un garçon de 22 ans kidnappé alors qu’il assistait au festival de musique où ont péri quelque 250 jeunes gens le 7 octobre, dans le désert du Néguev. Il montre la photo de son fils en slip, couché sur le ventre, les mains liées dans le dos, près de ce qui ressemble à un tunnel de Gaza. Les négociations en cours ? « Qu’ils fassent ce qu’ils veulent : je veux juste qu’on me rende mon fils. »

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