En Pologne, la nouvelle majorité démocrate fait une démonstration de force au Parlement

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Szymon Holownia (de dos), co-leader de la coalition Troisième voie, est félicité par Donald Tusk (à droite), l’ex-président du Conseil européen, ancien et futur premier ministre, après l’élection de Szymon Holownia en tant que président de la Diète, à Varsovie, le 13 novembre 2023.

L’élection du président de la Diète, la chambre basse du Parlement, lors de la première session parlementaire après la victoire des démocrates aux élections législatives du 15 octobre, a montré clairement un rapport de force dans la nouvelle Assemblée. Le candidat de la coalition démocrate (constituée des libéraux de la Coalition civique, des conservateurs et agrariens de la Troisième voie et de la Gauche unie), Szymon Holownia, a obtenu 265 voix, contre 193 pour la candidate du parti national conservateur sortant Droit et justice (PiS), Elzbieta Witek. Isolé, le PiS n’a même pas pu compter sur les voix de l’extrême droite de Konfederacja.

Le nouveau président de la Diète (Troisième voie), un ancien journaliste star télévisée et candidat à la présidentielle de 2020, qui tenait depuis plusieurs années des podcasts politiques très populaires sur les réseaux sociaux, est un nouveau venu au sein de l’Assemblée. Il a promis de rompre avec les pratiques de ses prédécesseurs et de restaurer des pratiques parlementaires plus démocratiques. « Le réfrigérateur législatif sortira avec fracas du cabinet de la présidence ! », a-t-il déclaré, en référence aux blocages systématiques par le PiS de toute initiative parlementaire qui n’allait pas dans le sens du parti.

« La Diète ne sera plus jamais un guichet de service pour le gouvernement, ni la machine à voter de quiconque, a-t-il ajouté. Elle ne sera plus un asile pour les délinquants, un champ pour la corruption, ni une tribune pour le mépris. » Le nouveau président a promis de veiller au « strict respect des règles » parlementaires, malmenées à outrance depuis huit ans, et de rétablir la transparence de l’institution. M. Holownia a décidé d’évacuer « immédiatement » les barrières de sécurité qui entouraient depuis sept années l’institution, installées par le PiS pour se prémunir des mouvements citoyens, et qui donnaient au Parlement une allure de forteresse. Symboliquement, un groupe de manifestants avait, quelques heures auparavant, commencé à retirer ces barrières sous le regard passif des forces de l’ordre.

Situation ubuesque

Le PiS, de son côté, a choisi de radicaliser encore son discours et d’adopter une stratégie de confrontation totale. Son président, Jaroslaw Kaczynski, bien qu’apparu affaibli dans les couloirs de l’Assemblée, a donné le ton, en qualifiant l’ex-président du Conseil européen, ancien et futur premier ministre, Donald Tusk, d’« homme de l’Allemagne ». Selon M. Kaczynski, les futurs gouvernements démocrates constituent « non seulement une menace pour la souveraineté du pays, mais [visent] la liquidation formelle de l’Etat Polonais ». Le parti s’est ainsi vu privé de vice-présidents de la Diète et du Sénat, à défaut d’avoir présenté des candidats consensuels qui ne symbolisaient pas, aux yeux de l’opposition, les excès du passé.

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