Un officier ukrainien désigné comme l’auteur du sabotage des gazoducs Nord Stream 1 et 2

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Perturbations sur la côte de l’île danoise de Bornholm, au large de la mer Baltique, dues au sabotage des gazoducs russes Nord Stream 1 et 2, le 26 septembre 2022.

Un officier des forces spéciales ukrainiennes aurait coordonné le sabotage des gazoducs russes Nord Stream 1 et 2, affirment le Spiegel et le Washington Post dans une enquête conjointe, publiée samedi 11 novembre. Son nom : Roman Tchervinski. Selon l’hebdomadaire allemand et le quotidien américain, ce colonel ukrainien aurait encadré l’équipe qui a fait exploser les deux pipelines, le 26 septembre 2022, au fond de la mer Baltique.

Contacté par les deux journaux, M. Tchervinski affirme que ces accusations sont sans fondement. « Toutes les spéculations sur mon implication dans l’attaque de Nord Stream sont répandues par la propagande russe », a-t-il fait savoir par l’intermédiaire de son avocat, alors que lui-même se trouve actuellement en détention provisoire à Kiev pour une autre affaire.

Arrêté en avril, Roman Tchervinski est accusé d’avoir abusé de son pouvoir en poussant un pilote russe à faire défection, en juillet 2022, lors d’une opération qui aurait tourné au fiasco : au lieu de se rendre aux autorités de Kiev comme convenu, l’homme aurait transmis à ses supérieurs des informations sur l’aéroport militaire de Kanatove, situé dans le centre de l’Ukraine, où il devait atterrir, ce qui a permis aux forces russes de bombarder celui-ci, tuant un soldat ukrainien et en blessant dix-sept autres. Roman Tchervinski affirme que les poursuites engagées contre lui constituent des représailles politiques pour le fait d’avoir critiqué le président Volodymyr Zelensky.

Zelensky aurait été « tenu à l’écart » de cette opération

Ces critiques sont publiques. Elles remontent au 3 décembre 2021. Dans une interview diffusée ce jour-là sur la chaîne de télévision Ukraine 24, Roman Tchervinski avait accusé l’entourage du chef de l’Etat d’avoir fait échouer, en juillet 2020, une opération visant à capturer en Biélorussie des mercenaires du groupe russe Wagner dans le but de les extrader vers l’Ukraine. Selon lui, des proches de Volodymyr Zelensky auraient fait capoter ce plan à la dernière minute par « peur de provoquer la Russie », alors que Kiev et Moscou venaient de conclure un cessez-le-feu dans le Donbass, une région en proie à des affrontements armés entre séparatistes russes et forces ukrainiennes depuis 2014.

A l’époque, Roman Tchervinski était membre du GUR, le service de renseignement militaire ukrainien, qu’il avait rejoint après avoir travaillé pendant plusieurs années pour le SBU, le service de sécurité du pays. Dans sa déclaration transmise au Spiegel et au Washington Post par son avocat, il affirme avoir « planifié et mis en œuvre » plusieurs assassinats de séparatistes prorusses en Ukraine. Il se prévaut également d’avoir « fait enlever un témoin » susceptible de corroborer l’implication de la Russie dans la destruction du vol MH17 de la Malaysia Airlines au-dessus de l’Ukraine en juillet 2014, tuant les 298 passagers et membres d’équipage.

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