Guerre Israël-Hamas : « Le seul parti pris de l’AFP est celui des faits »

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Depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre, la production des grands médias internationaux est scrutée au quotidien. L’Agence France-Presse (AFP) n’échappe pas à l’exercice, quand bien même sa production n’est pas destinée au grand public mais aux médias, ses clients. A Paris, les critiques convergent pour faire revivre cette vieille idée que l’acronyme d’AFP désignerait en réalité l’Agence France-Palestine. Mais le lecteur français sera peut-être surpris d’apprendre que la critique autrement plus répandue qui est faite à l’agence, et pas seulement au Moyen-Orient, fait d’elle un agent d’Israël.

Une prudence excessive, qui cacherait un biais, est souvent reprochée à l’agence. A Paris, on stigmatise ses pudeurs sémantiques à qualifier le Hamas de groupe terroriste, et tant pis si cela fait plus de vingt ans que l’agence applique cette règle à tout mouvement, aussi horrible soit-il. A Beyrouth, on s’étonne qu’elle attende d’avoir toutes les preuves pour attribuer à Israël le tir qui a grièvement blessé une de ses photographes ou visé son bureau de Gaza. Et tant pis si c’est parce que l’agence applique ici ses règles en matière d’attribution des responsabilités.

Ou alors, un défaut d’attention, un manque de réactivité sont pointés du doigt, comme ce retard à rendre compte d’une projection organisée par les autorités israéliennes. Et tant pis si l’agence, parce qu’elle dispose d’une équipe permanente sur place, avait dès les premières heures décrit les atrocités du 7 octobre avec ses propres images, ses propres mots, sans fard. Isoler un sujet, une dépêche, et concentrer son tir sur cette seule pièce du puzzle pour discréditer l’ensemble d’une couverture est l’assurance d’un combat inégal. Au crédit des détracteurs, il est vrai qu’il est difficile d’avoir une vision exhaustive de la production, sachant que l’agence diffuse chaque jour 4 000 dépêches, 3 000 photos, 300 vidéos.

Sous la pression du temps réel

L’agence est à l’écoute de toutes les critiques et d’ailleurs le débat est vif en son sein, comme il l’est dans beaucoup de rédactions partout dans le monde. L’AFP n’a aucun problème à se reconnaître perfectible. Ses dépêches sont parfois actualisées plusieurs fois par heure, à mesure que l’actualité couverte se précise, et ces actualisations montrent en toute transparence les corrections apportées. Elle a déjà reconnu publiquement des erreurs factuelles et des choix éditoriaux discutables. Elle mesure sa responsabilité toute particulière à Gaza où les médias sont souvent totalement dépendants d’elle, faute de pouvoir y être présents par eux-mêmes. Parce que la complexité du conflit n’est plus à démontrer, elle redouble de vigilance et n’a pas attendu pour envoyer des renforts à son bureau de Jérusalem et à son centre régional de Nicosie. Et elle procède au quotidien à son autocritique, puisque c’est le rôle de son rédacteur en chef chargé de l’éthique et des principes rédactionnels d’étudier la production, préciser les consignes, demander qu’on corrige certains déséquilibres. Il ne s’en prive pas.

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