Au Liban, les Palestiniens solidaires du Hamas

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Keffieh palestinien autour du cou, casquette pour se protéger du soleil écrasant et tapis de prière sous le bras, Akram Balkis dit « pleurer » devant les nouvelles de Gaza, qu’il suit sans relâche. Vendredi 10 novembre, il est venu participer à la grande prière hebdomadaire organisée en solidarité avec les habitants de l’enclave palestinienne par les institutions religieuses sunnites de Saïda. Dans le stade à l’entrée de la ville située dans le sud du Liban, plusieurs milliers de fidèles se sont rassemblés, Libanais et Palestiniens, femmes et hommes, des enfants aussi. Des banderoles de soutien à l’opération « Déluge d’Al-Aqsa », l’attaque sanglante lancée par le Hamas le 7 octobre contre Israël, qui a fait 1 200 morts selon un bilan revu à la baisse par les autorités de l’Etat hébreu, ont été accrochées aux grilles du stade.

« C’est un acte de résistance contre l’occupation israélienne, considère Akram Balkis, partisan du mouvement islamiste sans en être un militant. Je suis venu prier pour que le Hamas soit victorieux et que les civils de Gaza soient protégés. » Plus de 11 000 Palestiniens ont été tués, sous les bombardements israéliens, selon le ministère de la santé du territoire gouverné par le Hamas. Le sympathisant hésite à se prononcer sur le discours du 3 novembre, le premier après le 7 octobre, d’Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, qui n’avait annoncé ni une guerre totale ni une désescalade, assurant que son mouvement prenait déjà part à la bataille. « Rien n’est irréversible, tout peut évoluer au fil des jours vers une guerre ouverte », croit-il.

Des milliers de fidèles assistent à la prière du vendredi en réponse à l’appel de Dar El-Fatwa, pour un rassemblement de soutien à Gaza, à Saïda (Liban), le 10 novembre 2023.
Un autocollant « Déluge d’Al-Aqsa » du Hamas, sur une voiture près du stade de Saïda.

Dans les jours qui avaient précédé le discours d’Hassan Nasrallah, des responsables du Hamas, à la manière de Moussa Abou Marzouk, qui vit en exil au Qatar, avaient appelé le Hezbollah à faire « plus » que ces frappes. Depuis qu’Hassan Nasrallah s’est exprimé, la retenue a été de mise dans les commentaires du côté du Hamas.

A la frontière, les accrochages sont quotidiens entre les combattants du Hezbollah et l’armée israélienne. Le mouvement politico-militaire libanais, allié de Téhéran, avait lancé sa première frappe le 8 octobre. Le son de la guerre a fait fuir des dizaines de milliers de civils du sud du Liban.

Vendredi, dans son prêche devant la foule, qui compte notamment des sympathisants islamistes, mais aussi des députés laïcs et leurs soutiens, le mufti de Saïda, Salim Soussan, accuse Israël de « vouloir anéantir les habitants de Gaza » et appelle à « l’unité nationale » palestinienne. « Que Dieu donne la victoire aux résistants ! », lance-t-il. Des volontaires collectent de l’argent en vue de financer de l’aide humanitaire pour Gaza, sous la houlette de Dar El-Fatwa, l’institution sunnite au Liban. A l’entrée du stade, des jeunes vendent drapeaux palestiniens, keffiehs et tee-shirts à l’effigie des brigades Al-Qassam, la branche armée du Hamas.

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