Le Parlement européen lève l’immunité de quatre élus polonais pour « incitation à la haine » contre les migrants

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Un nouveau bras de fer peut-il s’ouvrir entre Bruxelles et le parti national conservateur polonais Droit et justice (PiS) ? Jeudi 9 novembre, le Parlement européen a voté la levée d’immunité de quatre eurodéputés polonais : deux membres du PiS, Beata Mazurek et Tomasz Poreba, ainsi que deux de leurs collègues du parti Pologne souveraine, membre de la coalition du PiS au sein du gouvernement sortant : Beata Kempa et Patryk Jaki.

L’assemblée, réunie en session plénière à Bruxelles, mercredi et jeudi, a donné une suite favorable à la demande de la justice polonaise qui avait ouvert, en 2021, une enquête pour « incitation à la haine fondée sur des différences nationales, ethniques, raciales et religieuses » sur les réseaux sociaux. Une plainte avait été déposée, l’année précédente, par Rafal Gawel, fondateur de l’ONG polonaise Observatoire des comportements racistes et xénophobes. Ce dernier a, depuis, été condamné par la justice polonaise pour détournement de fonds et s’est réfugié en Norvège, où il a obtenu l’asile politique à la fin de 2020.

Les quatre élus, mis en cause aujourd’hui, avaient partagé ou « liké » sur les réseaux sociaux un clip de campagne du parti ultraconservateur diffusé dans le cadre des élections locales (municipales et régionales) de 2018, qui dénonçait la politique migratoire menée lorsque l’ancien président du Conseil européen, Donald Tusk, dirigeait le pays, comme premier ministre (2007-2014) avant l’arrivée du PiS au pouvoir. Hasard du calendrier, M. Tusk, devrait diriger un nouveau gouvernement de coalition succédant au PiS après la victoire du camp démocrate aux élections du 15 octobre.

Condamnations quasi unanimes

La vidéo, à l’origine de la plainte, rappelait notamment les déclarations de Grzegorz Schetyna, alors chef de file du parti d’opposition Plate-forme civique et ancien ministre des affaires étrangères, sur sa volonté d’accueillir des migrants du Moyen-Orient fuyant la guerre et d’autres responsables locaux liés à l’opposition.

Toujours visible en ligne sur le réseau social X (ex-Twitter), cette vidéo revêt la forme d’un faux reportage télévisé montrant des scènes d’émeutes urbaines. Le narrateur évoque la création d’« enclaves de réfugiés musulmans » et « des actes d’agressions sexuelles [qui] sont devenus le quotidien des habitants », saisis par la « peur de sortir dans la rue la nuit tombée.  » « Crise des réfugiés. Est-ce à cela que ressemblera la Pologne en 2020 ?  », conclut le clip.

Sa diffusion avait à l’époque provoqué des condamnations quasi unanimes de la part de la classe politique polonaise, y compris par certains représentants de l’extrême droite. Le chef de file de la Plate-forme civique (PO, centre droit), le principal parti d’opposition, Borys Budka, l’avait qualifiée de « propagande digne des années 1930 » et avait demandé aux citoyens de la « signaler » pour qu’elle soit retirée des réseaux.

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