La guerre à Gaza offre aux houthistes yéménites l’occasion de peser sur toute la région

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Dans cette photo diffusée par le bureau de presse houthiste, un combattant du groupe armé rebelle tire une grenade RPG lors d’une manœuvre militaire près de Sanaa, le 30 octobre 2023.

Au sein de l’« axe de la résistance » à Israël, emmené par l’Iran, les houthistes se sont illustrés, depuis le déclenchement de la guerre dans la bande de Gaza, par des actions spectaculaires. Jeudi 9 novembre, les rebelles yéménites ont revendiqué le tir d’une nouvelle « salve de missiles balistiques » en direction de la ville balnéaire d’Eilat, dans le sud d’Israël, à 2 000 kilomètres de leur capitale, Sanaa. L’armée israélienne a confirmé avoir intercepté des projectiles grâce au système de défense antimissile Arrow et aux batteries antiaériennes Patriot. La veille, les houthistes avaient abattu un drone MQ-9 de l’armée américaine au large du Yémen.

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Missiles balistiques, missiles de croisière et nuées de drones : l’arsenal militaire déployé par les houthistes ne surprend pas les experts onusiens qui traquent les armes dont la milice s’est dotée avec l’aide de l’Iran. La décision d’en faire usage en soutien au Hamas est cohérente avec la formation idéologique du groupe, abreuvé des slogans : « Mort à Israël ! », « Mort à l’Amérique ! » Mais le message que les rebelles yéménites envoient s’adresse autant à Riyad qu’à Tel-Aviv. Vainqueurs de la guerre qui les opposent au gouvernement yéménite, appuyé par la coalition arabe emmenée par l’Arabie saoudite depuis 2015, les houthistes représentent une menace sérieuse pour leurs voisins du Golfe et ils ont des ambitions régionales.

Depuis sa prise de pouvoir à Sanaa en 2014, le groupe armé s’est doté d’armes avec lesquelles il a pu frapper jusqu’à Riyad et Abou Dhabi, à plus de 1 500 kilomètres. Avec l’appui de conseillers issus des gardiens de la révolution iraniens et du Hezbollah libanais, les houthistes ont appris à fabriquer localement une partie de ces armes. Les composants manquants sont acheminés en contrebande depuis l’Iran, par la mer et via le sultanat d’Oman. Le soutien de l’Iran, avec qui il existe une convergence d’intérêts et une confiance, a permis aux houthistes de s’imposer dans le conflit au Yémen.

« Une claque pour les Saoudiens »

« Il y a une coordination avec l’Iran et les autres groupes de la région, mais on pouvait s’attendre à ce qu’un groupe dont la formation idéologique anti-Israël et antiaméricaine n’est pas qu’un slogan prenne part à ce front, avec ou sans le feu vert de l’Iran », estime Farea Al-Muslimi, chercheur au centre de réflexion Chatham House (Londres). Leur participation à la bataille contre Israël répond aussi à des logiques internes. Puissance militaire et politique sans rival dans le nord du Yémen, les houthistes ont un déficit de légitimité dans la population. « Leur participation à la lutte contre Israël est une formidable opportunité d’unifier la population yéménite, qui est massivement propalestinienne mais subit sous leur règne la faim, la corruption et une gouvernance de style mafieux », poursuit l’expert.

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