L’Ukraine se prépare à affronter un nouvel hiver de guerre

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Deux habitants de la banlieue de Kiev sortent un générateur dans leur jardin, le 5 novembre 2023.

L’hiver s’installe peu à peu, et les autorités ukrainiennes s’attendent à ce que la Russie frappe de nouveau ses infrastructures énergétiques afin de paralyser le pays. Plusieurs attaques nocturnes ont déjà provoqué des coupures de courant depuis la mi-septembre. Mais, jusqu’ici, relativement peu de missiles russes ont visé les centrales électriques et les systèmes de chauffage, en comparaison avec l’hiver 2022-2023, et Kiev craint que Moscou attende les températures négatives, tout en préparant des stocks, pour frapper massivement ces sites. « A l’approche de l’hiver, les terroristes russes tenteront de causer davantage de dégâts », a averti sur la plate-forme X (anciennement Twitter) le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, après une nuit de bombardements russes sur dix régions du pays, le 3 novembre.

L’année précédente, des centaines de missiles russes et de drones kamikazes Shahed s’étaient abattus sur les infrastructures critiques. « Près de 60 % » des capacités de production d’électricité en Ukraine avaient été endommagées, selon Mariia Tsaturian, directrice de la communication de l’opérateur public Ukrenergo, et « toutes les grandes centrales thermiques et hydroélectriques ont été attaquées ». Cette campagne de frappes, qui s’était déroulée entre les mois d’octobre 2022 et mars, avait aussi produit des dégâts sur plus de 43 % de l’ensemble du réseau à haute tension, assure la porte-parole de l’entreprise.

Dans un rapport sur les conséquences de l’hiver 2022-2023 publié en avril, le Programme des Nations unies pour le développement évalue à « 10 milliards de dollars » (9,3 milliards d’euros) le coût des destructions causées qui ont laissé « 12 millions de personnes » sans accès à l’énergie, ou de manière limitée.

Ces frappes massives ont traumatisé la population, forcée de s’adapter du jour au lendemain au black-out et aux coupures de courant de plusieurs heures organisées par les autorités afin d’alléger la pression sur le réseau. « L’année dernière a été très dure pour nous, car tout s’est passé soudainement, nous n’étions pas préparés », se remémore Nina Antochtchenko, cogérante d’un restaurant indien du centre-ville de Kiev.

Vivre avec quatre heures de courant par jour

Anna Lebedeva, mère de deux enfants résidant dans un quartier sur la rive gauche de la capitale ukrainienne, particulièrement touché, se souvient comment elle et son mari ont dû organiser leur vie avec quatre heures de courant par jour, durant lesquelles il fallait cuisiner, faire des lessives, charger les batteries des téléphones, endurer le froid le reste du temps et utiliser des bougies. La famille a traversé l’hiver avec l’aide d’un couple d’amis : « Quand ils avaient de l’électricité, on allait chez eux, et inversement. »

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