Le président de Chypre, Nikos Christodoulides : « Pour répondre à la crise humanitaire de Gaza, nous sommes prêts à mettre en place un corridor maritime »

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Le président chypriote, Nikos Christodoulides, lors de son arrivée à la conférence humanitaire internationale pour les civils de Gaza, à l’Elysée, à Paris, le 9 novembre 2023.

Le président de la République de Chypre, Nikos Christodoulides, défend l’idée d’un corridor maritime au départ de l’île de Méditerranée orientale pour acheminer l’aide humanitaire à Gaza. Une façon, selon lui, d’impliquer davantage l’Union européenne (UE) dans le conflit en cours à quelque 200 milles nautiques de ses côtes.

Où en est l’initiative lancée par Chypre afin d’ouvrir une route maritime à des fins humanitaires entre vos côtes et celles de Gaza ? Ce corridor pourrait-il fonctionner assez rapidement ?

Chypre est prête à répondre à la crise humanitaire en cours à Gaza grâce à ce corridor. Nous devons être dans le concret. Je précise qu’il a été discuté avec toutes les parties intéressées, y compris bien sûr avec Israël, dont l’aval est indispensable. J’étais au Caire pendant le sommet que le président Al-Sissi a organisé [le samedi 21 octobre]. De là, je me suis rendu le même jour à Tel-Aviv, où j’ai vu le premier ministre Benyamin Nétanyahou. Je me suis entretenu individuellement à ce sujet avec lui ainsi qu’avec d’autres dirigeants, européens et régionaux, notamment avec le roi Abdallah II de Jordanie. Avec les Américains aussi. Le secrétaire d’Etat Antony Blinken a fait escale à Chypre, le 5 novembre, pour discuter de cette proposition.

Vous avez donc reçu l’aval du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, en soutien à votre projet, en dépit du blocus du territoire ?

Lors de l’entretien que j’ai eu avec lui, nous avons évoqué l’endroit précis à Gaza par lequel l’aide sera acheminée. C’est d’ailleurs lui qui m’a indiqué le meilleur point d’entrée sur la côte, au sud-ouest. Afin de s’assurer que l’aide acheminée est bien à caractère humanitaire, il m’a demandé s’il était possible d’envoyer une équipe d’experts israéliens à Chypre. Israël craint que des armes ne parviennent jusqu’au Hamas. C’est un souci majeur pour les Israéliens, nous le comprenons parfaitement. Aussi avons-nous accepté que leur équipe d’experts sécuritaires travaille avec la nôtre. Nous sommes prêts pour la route maritime, l’acheminement peut commencer immédiatement. Les Nations unies seront chargées de réceptionner l’aide et de la distribuer.

Tout est prêt, seul le cessez-le-feu se fait attendre…

Bien sûr, si on avait un cessez-le-feu, ça serait beaucoup mieux. Pour notre part, nous parlons de pause humanitaire, ne serait-ce que pour cinq ou six heures. Les Américains essaient d’obtenir cette pause, ils ne parlent pas de cessez-le-feu. Tout est lié à la délicate question des otages. Pour le moment, je ne pense pas qu’on soit proche d’une pause. Le secrétaire d’Etat Antony Blinken, lorsqu’il était à Chypre, n’était pas très optimiste à ce sujet.

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