RDC : la famille du député assassiné Chérubin Okende saisit la justice belge

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Alexis Deswaef, avocat de la famille de Chérubin Okende, à Bruxelles, le 9 octobre 2023.

La justice belge va s’emparer du dossier de l’assassinat de l’ancien ministre congolais Chérubin Okende suite au dépôt d’une plainte, à Bruxelles, par l’avocat des proches de cet homme politique retrouvé mort, le 13 juillet, dans son véhicule stationné route des Poids-Lourds à Kinshasa, le corps criblé de balles.

Mercredi 8 novembre, Alexis Deswaef a apporté une série d’éléments nouveaux dans ce dossier sur lequel la justice congolaise ne communique guère depuis l’ouverture de l’enquête. L’un d’entre eux porte sur la nationalité de Christian Ndaywel, général et chef d’état-major adjoint chargé des renseignements militaires congolais, dont le nom a été cité dans la mort de l’opposant.

Christian Ndaywel a obtenu la nationalité belge en 2005 après avoir résidé durant une douzaine d’années en Belgique. Selon Me Deswaef, ce fait donne compétence aux tribunaux belges pour mener une enquête et, le cas échéant, juger l’intéressé. Les indices d’une possible implication de M. Ndaywel dans le meurtre de M. Okende sont « largement suffisants », estime l’avocat, pour motiver une plainte et l’ouverture d’une investigation belge sur ce qu’il décrit comme une affaire d’Etat.

Chérubin Okende, 61 ans, député et ancien ministre des transports, était le porte-parole du parti Ensemble pour la République, de Moïse Katumbi, homme d’affaires et ancien gouverneur de la région du Katanga, dans le sud de la République démocratique du Congo (RDC). L’opposant est l’un des principaux rivaux du chef de l’Etat sortant, Félix Tshisekedi, en vue de l’élection présidentielle du 20 décembre. Son parti, qui a appartenu un temps à la coalition au pouvoir, dénonce désormais le risque d’un scrutin biaisé et frauduleux.

Torturé ?

Immédiatement après la mort de M. Okende, le procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, avait indiqué que le garde du corps du député était l’un des principaux suspects. Il avait aussi affirmé que l’arme qui avait servi à tuer l’ancien ministre avait été retrouvée dans le 4×4 du défunt. Le haut magistrat indiquait enfin que des experts étrangers, belges notamment, participeraient à l’enquête. Ils ont effectué le 3 août une expertise dont les résultats n’ont pas été révélés.

Me Deswaef a toutefois affirmé mercredi que les spécialistes belge et sud-africain qui ont procédé à l’autopsie ont conclu que la balle qui a traversé la tête de la victime avait été tirée après sa mort. M. Okende aurait été torturé auparavant.

L’avocat de la famille – qui a par ailleurs saisi la justice congolaise pour tenter d’être associée à la procédure – établit un lien entre l’assassinat et diverses actions répressives du pouvoir congolais. Parmi celle-ci, l’arrestation, le 8 septembre, du journaliste Stanis Bujakera, directeur de publication adjoint du site d’information congolais Actualite.cd et correspondant de Jeune Afrique.

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