« Nous, militants des droits humains, exigeons la libération immédiate de Narges Mohammadi, lauréate du prix Nobel de la paix 2023, en grève de la faim »

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A l’heure où la guerre fait rage partout dans le monde et que les dernières semaines voient triompher les atrocités, la bêtise et la haine, les voix qui s’élèvent en faveur de la paix doivent plus que jamais être défendues. Le 6 octobre 2023, Narges Mohammadi, journaliste et militante des droits humains iranienne, se voyait décerner le prix Nobel de la paix pour récompenser son combat « contre l’oppression des femmes en Iran et en faveur des droits humains et de la liberté pour tous ».

Emprisonnée dans la sinistre prison d’Evin depuis novembre 2021, sa vie est plus que jamais en danger. Arrêtée à treize reprises, condamnée cinq fois pour un total de trente et un ans de prison et 154 coups de fouet à l’issue de procès inéquitables, Narges Mohammadi s’est imposée comme une figure de la résistance au régime des mollahs et du soulèvement « Femme, Vie, Liberté » en Iran. Elle n’a cessé de se battre avec opiniâtreté contre la peine de mort, contre la torture et pour l’égalité entre les femmes et les hommes.

A l’instar du poète et dissident chinois Liu Xiaobo mort en captivité en 2017, à nouveau, un lauréat du prix Nobel de la paix pourrait mourir en prison, faute de recevoir les soins appropriés. A trois reprises en vingt jours, l’administration pénitentiaire, sur ordre des plus hautes autorités, a refusé de transférer Narges Mohammadi vers l’hôpital pour bénéficier de soins cardiologiques urgents [elle a finalement été hospitalisée dans la journée du 8 novembre].

Une question de vie ou de mort pour Narges Mohammadi

Le 6 novembre, Narges Mohammadi a entamé une grève de la faim pour protester contre le refus des soins aux détenues auxquelles il n’est laissé d’autre choix que « le voile obligatoire » ou « la mort ». En solidarité, sept de ses codétenues lui ont emboîté le pas. Quelques semaines auparavant, Narges Mohammadi était battue par les gardiens dans la cour de la prison pour avoir dénoncé la torture et les mauvais traitements administrés à ses codétenues.

Telles sont les sanctions infligées par ses bourreaux tandis que la militante déclarait, le 28 octobre dernier, ne plus jamais honorer le voile obligatoire en mémoire de Jina Mahsa Amini, 21 ans, tuée pour un voile mal porté, ainsi que d’Armita Garavand, 16 ans. Et, plus largement, en l’honneur « de toutes les femmes qui se battent contre l’oppression que constitue le voile obligatoire. »

Souhaitons-nous être à nouveau témoins d’un meurtre d’Etat commis par la République islamique d’Iran qui, comble du cynisme, vient de présider rien de moins que le Forum social des droits de l’homme de l’ONU ? Chaque heure qui s’écoule est désormais une question de vie ou de mort pour Narges et nous tenons les autorités iraniennes pour responsables de tout ce qui pourrait advenir à compter de ce jour.

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