L’Europe est sur le chemin d’une reprise fragile, juge le Fonds monétaire international

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Dans un magasin de chaussures de sport, à Paris, le 25 novembre 2022.

« So far, so good » : « Jusqu’ici, tout va bien. » C’est par ces mots prudemment optimistes qu’Alfred Kammer, directeur du programme Europe du Fonds monétaire international (FMI), présente les nouvelles prévisions de son institution pour le Vieux Continent, publiées mercredi 8 novembre. En effet, celui-ci a surmonté la pandémie et a mieux résisté que prévu au choc énergétique provoqué par la guerre russe en Ukraine, souligne l’organisation de Washington. Grâce à cela, « la plupart des pays européens devraient échapper à la récession ».

Dans le détail, le FMI estime que l’économie de la zone euro devrait croître de 0,7 % en 2023, dont + 1 % pour la France, + 0,7 % pour l’Italie − 0,5 % pour l’Allemagne – qui, elle, n’échappe donc pas à la récession. Pour l’Europe au sens large, le FMI table sur 1,3 % de croissance. Un « atterrissage en douceur » par rapport à 2022, où la progression du produit intérieur brut (PIB) avait été de 2,7 %, avant que la crise énergétique et le resserrement de la politique monétaire ne pèsent sur l’activité.

Sans surprise, les pays industriels et dépendant des exportations, comme l’Allemagne, ont plus souffert que ceux tournés vers leur marché intérieur et les services, tels que la France ou l’Espagne. Jusqu’ici, tout va bien, donc… Même si ces chiffres actent le décrochage de l’Europe par rapport aux Etats-Unis, dont le PIB devrait croître de plus de 2 % en 2023.

Un rebond de l’inflation n’est pas exclu

Pour 2024, le FMI prévoit une croissance de 1,2 % dans l’union monétaire – une prévision conforme à celle de la Commission européenne –, + 1,3 % pour la France, + 0,7 % pour l’Italie et + 0,9 % pour l’Allemagne.

« L’inflation montre enfin des signes de ralentissement », souligne-t-il, dans le document de prévisions. Si tout va bien, celle-ci devrait continuer de se tasser, passant de 5,6 %, en 2023, à 3,3 % en 2024, avant de se rapprocher doucement de la cible de 2 % en 2025. Résultat : la hausse des salaires devrait plus largement soutenir la consommation et la croissance, ces prochains mois.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Selon le FMI, le reflux de l’inflation est plus lent que prévu

Mais les risques pesant sur ce scénario sont nombreux. A commencer par ceux liés à la géopolitique, bien sûr. « Une escalade de la guerre russe en Ukraine et des sanctions associées perturberait le commerce, les investissements directs étrangers et les flux financiers, menaçant les perspectives de reprises », analyse le fonds.

En dépit de la hausse des taux, un rebond de l’inflation n’est donc pas exclu. « Le conflit Israël-Gaza a déjà eu un impact sur les prix de l’énergie, ce qui pourrait faire grimper l’inflation en Europe de manière plus générale », prévient Alfred Kammer. Au risque de plonger le Vieux Continent dans la stagflation – c’est-à-dire, un cocktail nocif de croissance faible et d’inflation forte.

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