Le retour d’un ambassadeur algérien en Espagne, un « premier pas » vers la fin de la crise diplomatique

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Le ministre algérien des affaires étrangères, Ahmed Attaf, au siège de l’ONU, à New York, le 26 octobre 2023.

Après être resté vacant durant plus de dix-neuf mois, le poste d’ambassadeur d’Algérie en Espagne devrait de nouveau être pourvu. Il est encore trop tôt pour savoir si cette nomination mettra un terme à la crise diplomatique qui empoisonne depuis un an et demi les relations politiques et commerciales entre les deux pays. Cependant, la demande d’agrément envoyée récemment par Alger en vue de nommer un nouveau représentant de l’Etat à Madrid est « un premier pas significatif », souligne, avec un certain optimisme, une source du gouvernement espagnol.

Selon le site d’information El Confidencial, le futur ambassadeur serait le diplomate Abdelfattah Daghmoum, ancien ambassadeur en Guinée et ex-numéro deux à l’ambassade de Madrid.

La décision de l’Espagne de soutenir le plan marocain sur le Sahara occidental avait conduit l’Algérie à rappeler son ambassadeur en Espagne, Saïd Moussi, « en urgence » en mars 2022. En qualifiant la proposition de Rabat d’un statut d’autonomie renforcée comme « la plus sérieuse, crédible et réaliste », le chef du gouvernement espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, avait alors souhaité mettre fin à une longue crise diplomatique avec le Maroc. Quitte à se mettre à dos l’Algérie, qui soutient les indépendantistes du Front Polisario, abrite les camps de réfugiés sahraouis et défend la tenue d’un référendum d’autodétermination.

Considérant que la décision de l’ancienne puissance coloniale contribuait « directement à la détérioration de la situation au Sahara occidental et dans la région », Alger n’avait pas tardé à prendre des mesures de représailles, allant jusqu’à suspendre en juin 2022 le Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération signé vingt ans plus tôt avec Madrid.

Des exportations espagnoles en chute de 46 %

Dans les faits, cette décision s’est traduite par le blocage des exportations espagnoles et des transactions financières entre les deux pays, la réduction des flux et la hausse des prix du gaz algérien – transporté que par un gazoduc relié à l’Espagne –, la paralysie des rapatriements de migrants illégaux et la réduction au maximum des vols commerciaux entre Madrid et Alger, passant de trois par jour à un par semaine.

L’an dernier, les exportations espagnoles en Algérie, à l’exception du gaz, ont ainsi plongé de 46 %, dépassant à peine le milliard d’euros, et d’encore 90 % au premier trimestre de cette année, plafonnant à 30 millions d’euros, selon les statistiques du ministère de l’industrie, du commerce et du tourisme. Certains secteurs, comme la céramique, le papier ou la viande, ont été particulièrement touchés par les restrictions au commerce.

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