La France insoumise ne participera pas à la marche contre l’antisémitisme en raison de la présence de l’extrême droite

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La première ministre Elisabeth Borne le 3 novembre 2023.

La marche contre l’antisémitisme prévue à Paris dimanche à l’appel des présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, et à laquelle le Rassemblement national (RN) entend participer, n’en finit pas de créer des remous sur l’échiquier politique. La première ministre, Elisabeth Borne, participera à la manifestation, a annoncé le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, mercredi 8 novembre, dans son compte rendu du conseil des ministres. Plusieurs membres du gouvernement seront également présents.

En revanche, la décision d’Emmanuel Macron de participer ou non n’est pas encore connue. Mercredi, le chef d’Etat n’a pas profité de son discours devant le Grand Orient de France, principale obédience française de francs-maçons, pour évoquer la marche de dimanche. Il a cependant relevé que « l’antisémitisme refait surface », « dans les mots et sur les murs ».

Dans la matinée, Marine Le Pen avait de son côté appelé, sur RTL, « l’ensemble [des] adhérents et [des] électeurs [du RN] à venir se joindre à cette marche ». « Il est temps que le peuple français (…) exprime son rejet absolument total de l’augmentation spectaculaire des actes visibles (…) d’antisémitisme », avait-elle ajouté. Eric Zemmour, président de Reconquête !, et Marion Maréchal, tête de liste du parti aux européennes, ont fait savoir qu’ils participeraient également à la marche.

« Distinguer progressistes et forces d’extrême droite »

Les annonces de la participation de l’extrême droite ont déclenché des réactions en cascade. « La justice française a condamné Jean-Marie Le Pen pour antisémitisme ; en ce sens, le RN n’a pas sa place à cette manifestation », a affirmé Olivier Véran, qui a aussi « déploré que le président du RN [Jordan Bardella] soit incapable de couper avec les racines antisémites » de son parti, en niant l’antisémitisme de son fondateur. M. Véran a enfin appelé à l’« apaisement et à l’unité nationale » afin de combattre « toutes les formes d’antisémitisme, toutes les formes de violence ».

Dans la même ligne, Emmanuel Macron a dénoncé mercredi ceux qui « prétendent soutenir nos compatriotes de confession juive en confondant le rejet des musulmans et le soutien des juifs, en refusant, ceux-là mêmes, de condamner clairement leur position passée et tous les mots définitifs d’hier », dans une allusion à l’extrême droite.

La France insoumise (LFI) et ses députés ont déclaré qu’ils ne se rendraient pas à la marche, en raison de la participation prévue du RN. « Lutter contre l’antisémitisme et contre toutes les formes de racisme est impraticable aux côtés d’un parti qui trouve ses origines dans l’histoire de la collaboration avec le nazisme », affirme le mouvement dans un communiqué, estimant que « l’ambiguïté des objectifs » de cette manifestation « permet les soutiens les plus insupportables »

« Notre pays a besoin d’initiatives qui unifient notre peuple », poursuit la formation de gauche, jugeant « nécessaire de se réunir autour des objectifs de paix pour exiger clairement un cessez-le-feu et la libération des otages » retenus par le Hamas depuis son attaque meurtrière du 7 octobre. Mardi soir, Jean-Luc Mélenchon, leader du mouvement, avait qualifié dans un tweet cette marche de « rendez-vous » des « amis du soutien inconditionnel au massacre » commis selon lui par l’armée israélienne dans la bande de Gaza.

En début d’après-midi, le Parti socialiste (PS), le Parti communiste (PCF) et Les Ecologistes ont eux publié un communiqué commun pour appeler « largement les citoyennes et les citoyens » à participer à la marche. Les partis de gauche proposent de réaliser « un cordon républicain » pour « distinguer dans la manifestation un cortège rassemblant tous les républicains et progressistes d’une part et le Rassemblement national et les forces d’extrême droite d’autre part ». PS, PCF et Ecologistes ne « reconnaissent aucune légitimité » à ces dernières « à manifester contre l’antisémitisme ».

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Les trois partis demandent enfin à Yaël Braun-Pivet et à Gérard Larcher, respectivement présidente de l’Assemblée nationale et président du Sénat, « de déclarer publiquement que les forces d’extrême droite ne sont pas les bienvenues ».

Le Monde avec AFP


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