Guerre Israël-Hamas : l’épineuse réflexion sur l’avenir de Gaza

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Le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, le président américain, Joe Biden, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, le ministre israélien de la défense, Yoav Gallant, et Benny Gantz, qui fait partie du nouveau gouvernement d’urgence national, lors d’une réunion à Tel-Aviv (Israël), le 18 octobre 2023.

Qui gérera Gaza, ses ruines, sa population endeuillée et en détresse, lorsque les armes se tairont ? Penser au « jour d’après » par temps de guerre est un exercice à la fois vain et indispensable. Difficile de planifier une reconstruction lorsque l’ampleur des destructions n’est pas définitive. De parler d’une gouvernance du territoire post-Hamas, en sachant que l’anéantissement du mouvement islamiste, objectif d’Israël, paraît compliqué, en raison de sa nature protéiforme. Néanmoins, cette réflexion est en cours, mobilisant surtout les Etats-Unis et les pays arabes. Elle ressemble pour l’heure à un exercice impressionniste. Les Européens n’y jouent aucun rôle significatif.

La question du « jour d’après » était au cœur des consultations menées par le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, au Moyen-Orient, les 4 et 5 novembre. Ses interlocuteurs arabes ont jugé cette réflexion « prématurée », à l’instar du chef de la diplomatie égyptienne, Sameh Choukri. Pour eux, la priorité reste un cessez-le-feu à Gaza – où les bombardements israéliens ont fait plus de 10 000 morts selon le bilan du ministère de la santé administré par le Hamas, des « milliers » selon une déclaration du Pentagone, lundi 6 novembre – et non une simple « pause humanitaire » évoquée par Washington. Ils suspectent les Américains de parler du long terme pour gagner du temps, et laisser Israël achever son opération militaire. Pour les diplomates chevronnés de la région, le débat sur l’« après » rappelle aussi de mauvais souvenirs : les dizaines de formules imaginées pour la Syrie, qui n’ont accouché d’aucune solution politique, ni même sécuritaire, en douze ans de guerre civile.

Pour l’heure, Israël reste focalisé sur l’opération militaire. Benyamin Nétanyahou sait que son propre sort est suspendu à cette guerre. Le premier ministre israélien se refuse à dessiner l’après, et cherche à éviter de s’aliéner l’extrême droite pyromane à laquelle il a lié son destin. « Pour l’instant, nous ne parvenons à définir ni les contours d’une victoire militaire, ni l’après, reconnaît un haut responsable israélien. C’est ce qui ennuie les Etats-Unis. »

Zones tampons militarisées

Interrogé le 7 novembre par la chaîne américaine ABC pour savoir qui devra gouverner l’enclave, M. Nétanyahou a botté en touche : « Ceux qui ne veulent pas continuer sur le chemin du Hamas », s’est-il contenté de répondre, avant de préciser : « Je pense qu’Israël aura pour une durée indéfinie la responsabilité sécuritaire globale [à Gaza], parce que nous avons vu ce qu’il se passe lorsque nous ne l’avons pas. » Le premier ministre n’a pas annoncé la recolonisation de Gaza, dont ses alliés de l’extrême droite religieuse rêvent depuis 2005. Mais il a refusé de limiter dans le temps la campagne militaire.

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